Une vallée glaciaire et des séquoias géants

Il y a des moments simples dans la vie qui nous donnent le sourire. De ces moments on en fabrique des souvenirs, qui resteront pour longtemps imprimés dans les mémoires. Alors même si la saison n’est pas encore commencée, même si beaucoup de sentiers risquent d’être fermés, même si les animaux sont toujours en train d’hiberner, être ici nous rend heureux. Car en arrivant au Parc National de Yosemite, nous avions hâte de retrouver la nature, mais la nature avec un grand N. Celle qui est sans limite, où tout est plus haut, plus beau, plus grand, où tu pousses un grand « WHOUA » d’émotion dès que tu tournes la tête. On est aux États-Unis après tout ! Alors on se créer des moments, que l’on se remémore aujourd’hui en rêvant, parce que c’était beau, vraiment très beau.

LA NATURE À L’ÉTAT PUR
À environ 180 miles à l’est de San Francisco, le Yosemite National Park fut un des premiers parc national créé aux Etats-Unis. En plein cœur de la Sierra Nevada, Yosemite couvre des milliers d’hectares de forêts et de montagnes grandioses dont l’altitude varie entre 600 et 3.960 m. Ici, les paysages sont uniques, divers et magnifiques : anciens glaciers, rivières impétueuses, forêts d’arbres géants, dômes granitiques et chutes d’eau spectaculaires, attirent chaque année des milliers de randonneurs venant du monde entier. Si dans la vallée toute trace de neige à déjà disparue, c’est en grimpant dans les hauteurs que l’on remarque que l’hiver dure longtemps. Et pour cause, la route la plus haute du parc [3.500 mètres], celle qui le traverse d’Est en Ouest, est fermée aux véhicules au mois d’avril car elle est encore bien enneigée. Tans pis, nous nous contenterons d’explorer la Yosemite Valley.

Depuis le bas, nous sommes entourés de montagnes grandioses formant des falaises en granit abruptes. Le sentiment d’être minuscules faces aux vertigineux monolithes d’El Capitan et du Half Dome nous envahis, on se sent presque écrasés au milieu de ces blocs de rochers. Reste infime de l’ancienne aire glacière, la rivière qui coule au pied des hauts sommets sinue entre les prairies verdoyantes, où sortent timidement quelques animaux sauvages pour profiter des premières repas du printemps. Des randonnées plus ou moins abruptes emmènent sous les eaux de puissantes cascades. De loin, les chutes d’eau, tel un voile de mariée, s’envolent sous l’emprise du vent, rafraîchissant les badauds de ses embruns ; de plus près, c’est le bruit fracassant et la puissance de l’eau qui impressionnent. Et pour s’en mettre un peu plus plein les yeux, il faut prendre de la hauteur. Alors pas de scenic road où d’escalade en haut des sommets, tous les accès sont encore coupés à cette saison, mais il suffit d’emprunter quelques jolies routes et, au bout de quelques virages à peine, les vues dégagées s’offrent aux yeux ébahis. La Yosemite Valley se dévoile dans son ensemble : à l’Ouest le sommet qui culmine à 900 mètres d’El Capitain, en arrière plan la silhouette significative encore enneigée du Half Dome, au centre un profond canyon alimenté par d’élégantes cascades et des forêts d’arbres millénaires qui s’étendent à perte de vue. L’image telle que l’on se l’imagine des montagnes de l’Ouest américain. Ah, que la nature est belle !

TOUJOURS PLUS LOIN, TOUJOURS PLUS HAUT, TOUJOURS PLUS FORT

En Californie, il existe un parc national entièrement dédié à ces arbres géants croisés dans la Yosemite Valley. Décidément, ils sont fous ces américains ! C’est donc à moins de 100 miles, au sud du précédent parc que nous nous rendons maintenant. La route est truffée de lacets, mais la lenteur du mouvement laisse le temps d’observer le relief et les montagnes qui servent de décor de fond aux séquoias géants. Le temps pour nous de passer quelques heures au pied de vieux patriarches de plusieurs milliers d’années. Facilement reconnaissables : ils sont beaucoup plus gros que tous les autres qui les entourent, les branches sont si hautes qu’il est impossible d’y voir les oiseaux qui s’y posent, et l’écorce rouge est épaisse et rugueuse. Cet arbre immense est la mémoire vive d’un passé révolu, résistant aux désastres du temps. La plupart sont millénaires, alors imaginez ce qu’ils ont vu… et si seulement ils parlaient, nous connaîtrions leurs secrets. À plus de 2.000 mètres d’altitude, l’épaisse couche de neige couvre les racines de ces monstres sacrés qui dressent par centaines leurs cimes vers le ciel. Leur nombre est tout aussi impressionnant que leurs tailles, les plus imposants se classent même parmi les « plus » hauts, large et vieux du monde… rien que çà ! Avec une circonférence de 31 mètres et une hauteur de plus de 80 mètres, le célèbre General Sherman Tree est la star du Sequoia National Park, et même classé monument historique. Autant dire qu’il est impératif de prendre beaucoup de recul si l’on veut qu’il tienne en une seule fois sur la photo ! Vraiment impressionnant !

Plus tard, les rayons du soleil couchant passeront timidement à travers les branches, diffusant une douce lumière sur cette forêt d’arbres sages tandis que le froid commence à envahir le sous-bois. Les écureuils rentrent dans leurs terriers avec quelques victuailles qu’ils ont réussi à glaner, les séquoias eux, ne bougeront pas. Immuables et éternels, chacun restera là, accompagnant des milliers de vies, et nous rappelant aussi que nous, nous ne faisons que passer.

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