Torres del paine

S‘élevant à presque 3000 mètres au-dessus de la steppe patagonne, le Torres del Paine est un spectaculaire massif de pics granitiques. Lorsque celles-ci ne se dissimulent pas derrières d’épais nuages, ces tours emblématiques acérées menacent le ciel, donnant l’impression d’avoir été découpées au ciseaux. Si ces montagnes sont l’attraction phare du Parc National, celui-ci recèle bien d’autres trésors : sur plus de 225 000 hectares s’étendent des lacs azurs dont aucun bleu ne ressemble à l’autre, des sentiers qui serpentent dans des forêts émeraudes ou des steppes dorées, un glacier d’un bleu étincelant, des cascades rugissantes, ou des rivières que l’on traverse sur des ponts de fortune. Les paysages variés sans pareils s’enchaînent ainsi, de l’immense plaine jusqu’aux montagnes déchiquetées couronnées des pics, en faisant un des plus beaux Parc National d’Amérique du Sud -nous en jugerons ultérieurement. Une centaine de kilomètres sur une piste sublime, et au détour d’un virage … OUAH : un panorama exceptionnellement bluffant surgit devant nous sans crier gare. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que nous prenons -littéralement- en pleine face, nous en restons bouche bée. L’approche du Parc par l’entrée Sud au coucher du soleil, sous un temps splendide nous permet d’apprécier le paysage dégagé sur l’ensemble granitique, qui nous dévoile l’intégralité de sa palette de couleurs. Pour sûr, nous allons y traîner plusieurs pour en profiter un maximum, si le temps est de la partie.

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La découverte du lago Grey, et plus particulièrement du glacier éponyme nous entraînera pour une randonnée d’une journée sous un soleil étincelant et un vent parfois violent. Après la traversée en catamaran du magnifique lac Péhoé et ses eaux turquoises -presque comme aux Antilles, la température en moins- et plusieurs heures de marche où l’on se plaît à observer les icebergs bleutés de toutes tailles flottant dans ce lac gris (le lac Grey cette fois-ci), nous nous retrouvons face à une imposante langue de glace qui dégringole dans le lac. Cette façade de glace de 5 km de large, d’un bleu intense est vraiment saisissante et incroyablement reposante. Surtout si l’on sait que ce glacier ne représente qu’une infime partie de l’immense mer de glace (16 000 km2) Campo Hielo Sur, située entre le Chili et l’Argentine. Nous serions bien restés plusieurs heures à observer la plénitude se dégageant de ce lieu si nous n’avions pas la marche retour à effectuer avant le départ du bateau pour rejoindre Jean-Michel (et oui nous avons enfin décidé de baptiser notre n’HOMEade roulante, c’est une longue histoire, nous l’expliquerons plus tard).

La piste poussiéreuse du parc serpente dans les vallées, contourne des lagunes, longe des lacs, traverse des rivières, tantôt s’approche, tantôt s’éloigne des tours, mais ne les quitte jamais longtemps. Les sentiers permettent de prendre un peu de hauteur pour observer – en panoramique – l’immensité et la diversité du parc, voir les pics granitiques à l’horizon, à chaque fois sous un angle différent. Un grand ponton de fortune mène à un îlot paradisiaque digne des histoires de Robinson Crusoé, et des cheminements de bois sillonnent sur de petites passerelles à travers la végétation basse pour conduire à de jolies cascades à l’eau claire et pure.

Panorama-Mirador-Los-Cuernos

 

Panorama-Mirador-Condor

Les couleurs intenses de cette végétation qui reprend ses droits suite au tragique incendie de 2011, se mélangent au gris des arbres calcinés, conférant une ambiance désolée à ces zones touchées par le feu. Les lacs affirment chacun leur propre nuance de bleu, d’où des cascades se jettent en trombes d’eau puissantes ; les roches de granit déclinent la palette de gris, du plus clair à la base, au plus foncé à la cime, jusqu’à de temps à autre se perdre dans les nuages. Tous les points de vues révèlent une nouvelle facette de Torres del Paine, aussi époustouflante les unes des autres. Les guanacos, renards, pumas, nandous, condors et flamands roses se partagent ce vaste territoire. Peu sauvages, les guanacos se laissent même facilement approcher et photographier. On ne s’en lasse pas.

Une belle matinée avec un ciel dégagé, nous voyons le sommet des 3 tours : c’est l’appel des pics, dont le plus haut culmine à 3050 mètres. Si l’alignement de ces aiguilles rocheuses est déjà superbe vue d’en bas, il s’en suivra une jolie randonnée de 9 heures pour atteindre le pied de ces si vénérées « Torres del Paine ». Après avoir remonté la rivière, parcouru une forêt sinueuse, et effectué une dernière ascension très (très très) raide sur une zone rocailleuse dénuée de toute végétation, nous accédons aux spectaculaires aiguilles. La neige (et le froid) nous accueillent, quelques nuages resteront accrochés aux sommets, mais le point de vue vaut bien l’effort fourni. D’ici, nous voyons les pics du plus près qu’il soit. Les pieds des tours baignent dans un petit lac d’un bleu azur dans lequel les sommets se reflètent. Cette unique tache de couleur dans ce paysage en nuances de gris apporte une ambiance énigmatique au lieu. Ici, tout est encore différent de ce qui a déjà été vu ; loin de tout, on en oublie le temps, rien qu’un instant. Les nuages s’épaississent, le froid se fait de plus en plus ressentir, il est l’heure de redescendre avec de belles images plein la tête (et l’appareil photo aussi).

Amateurs de trekking, le parc Torres del Paine nous a ouvert ses portes et nous a comblé par ses incroyables paysages. Si nous n’avons pas réalisé en intégralité le circuit le plus connu du parc : le W (nous ne voulions en effet pas abandonner Jean-Michel pour dormir plusieurs nuits dans un refuge quelconque …), nous en avons tout de même exploré ses deux bras. A chaque minute, l’émerveillement face à un tel panorama se lisait sur nos visages ; et malgré une météo qui peux être parfois capricieuse (nous sommes en Patagonie), ce site tient toutes ses promesses. Nous étions quand même au cœur du Plus Beau Parc National d’Amérique du Sud ! Nos escapades ultérieures nous dirons si cette renommée est méritée.

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