Sous le soleil de México

Comme le chantait si bien feu Luis, « Le seul désir qui vous entraîne, dès qu’on a quitté le bateau, c’est de goûter une semaine, l’aventure mexicaine, au soleil de Mexico… ». Bien que notre aventure mexicaine à nous ait déjà débuté depuis près de deux mois, nous avions hâte de découvrir l’effervescence de cette mégalopole, la culture de cette capitale, la pollution de cette métropole. Alors depuis deux semaines, la ritournelle de Mariano passe en boucle dans nos têtes. On fait des vocalises, on affûte notre accent pour être prêt le jour venu, à accorder notre voix sur celle des mariachis de la place principale. « Mexico, MexiIIIIco…, sous ton soleil qui chanteIIIII, le temps paraît trop court, pour goûter au bonheur de chaque jour ». Il est vrai que trois petits jours ne nous permettront pas de tout voir de cette ville trépidante, mais qu’à cela ne tienne, « on oublie tout, sous le beau ciel de Mexico, on devient fou, au son des rythmes tropicaux ». Ah Mexico !

MEXICO I UNE ATMOSPHÈRE JOVIALE ET DÉSORDONNÉE

Mexico est une grande ville, dans le trio de tête des plus grandes mégalopoles du monde même ! Elle est la quintessence du pays, elle rassemble tous les excès :des bidonvilles aux quartiers huppés en passant par les maisons colorées accrochées à flanc de montagne, des autoroutes embouteillées aux rames de métro bondées, des klaxons des voitures au bain de foule à chaque coin de rue, des petits vendeurs à la sauvette aux restaurants à vue panoramique, etc… à coup sûr Mexico dépayse. Fraîchement débarqués sur la grande place du zocaló, cœur de Mexico et métronome de la vie politique, nos repères sont mis à mal sur cette immense esplanade. Si la cathédrale, le Palais du gouvernement, et le Temple Mayor, assurent une unité architecturale remarquable avec leurs pierres issues des anciennes constructions pré-hispaniques, les bâtiments sont tout de même un peu penchés. Les rues partent partout, les voitures et les piétons déboulent de nulle part, il nous faudra faire quelques pas pour nous sentir plus à l’aise. Mais de longues balades -les distances à parcourir sont énormes- à travers les rues animées, suffisent à présent à mesurer la richesse de l’histoire de la capitale. Et l’exploration des innombrables trésors demanderaient quant à elle, plusieurs semaines tant cette ville peut offrir. Une sorte de chaos -bien organisé- domine cette vibrante mégalopole, mais l’on peux facilement s’échapper quelques instants de ce rythme trépident pour une pause salvatrice dans des lieux surprenants : un joli patio pour déjeuner, une bibliothèque pour étudier, une ancienne usine de tabac reconvertie en musée, une terrasse sur les toits pour boire un verre, une fresque gigantesque à admirer, un immense parc pour flâner, … nous faisons le plein de plaisirs culinaires et culturels ! En effet, Mexico, c’est la ville du couple d’artistes Diego Riviera et Frida Khalo, et de l’illustre architecte Luis Barragan -dont nous avons visité le superbe atelier mais les photos étant interdites, nous ne ramènerons pas d’images- dont les influences sont partout. Mais Mexico, c’est aussi un régal pour nos papilles, des excellents ceviches, aux tortas de pastor, à la salade de nopal, en passant par la limonade rafraîchissante, la capitale décline avec finesse toutes les spécialités du pays. Mexico, c’est une grande ville, mais lorsqu’on l’apprivoise un peu, c’est une grande ville vraiment cool !

 

TEOTIHUACÁN I UNE GÉOMÉTRIE NAISSANTE

Dans un cirque montagneux tout proche de la capitale, Teotihuacán est à l’échelle des divinités qu’elle évoque : gigantesque ! La pyramide du Soleil et celle de la Lune dominent les vestiges de l’ancienne métropole méso-américaine qui fut, pendant plusieurs siècles, la plus vaste cité du Mexique. Tôt le matin, dès l’ouverture, le site est désert, la lumière est belle et les ombres sont élégantes. La perspective sur cette longue avenue de près de deux kilomètres, les montagnes environnantes, les vues depuis les sommets de ces dômes de pierres si difficiles à atteindre, etc… c’est beau ! L’urbanisme parfait d’un plan en damier témoigne de l’étonnante sophistication de cette civilisation, tandis que fresques et sculptures attestent des remarquables connaissances. La démesure du site est toutefois impressionnante : une pyramide parmi les plus grandes du monde, dont la base pourrait contenir pas moins de 7 terrains de football ; un corridor de plusieurs kilomètres sur lequel s’alignent les principaux temples ; des marches par centaines à gravir en enjambant près de 40 cm à chaque pas. La démesure et le sport qu’ils aimaient ces aztèques ! Depuis la pyramide de la Lune, assis sur les plus hautes marches, on embrasse une vue grandiose sur ce site qui s’étale tout en longueur, on contemple la non moins sublime pyramide du Soleil, … et on assiste petit à petit à l’arrivée des envahisseurs. Des visiteurs descendent par bus entiers, des scolaires, des familles, des mexicains ou des étrangers, … à dix heures, ça court dans tous les sens, ça chahute et ça « selfite » à gogo. Les vendeurs de pipeau, appeaux, bracelets et autres camelotes sont à l’affût. La foule commence à gâcher le plaisir, il est alors grand temps de descendre de ce perchoir doré pour voler vers d’autres cieux, plus calmes.

La belle et gigantesque cité de Teotihuacán, classée depuis 30 années au patrimoine mondial de l’Unesco, tout comme le centre ville de la capitale, sera notre dernier contact avec ces civilisations précolombiennes, dont la culture fut si riche. Beaucoup de pierres, beaucoup de marches, beaucoup de monde, mais toujours beaucoup de plaisir à découvrir chacune de ces mystérieuses cités en ruines, si différentes les unes des autres. Si la métropole quant à elle, nous aura dans un premier temps dérouté, elle nous aura finalement charmé, mais aussi frustré, de ne pouvoir tout explorer. C’est alors dans ces moments que l’on se dit que l’on y remettra un jour les pieds.

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