Oaxaca et ses délices

Bastion de l’identité indienne, la région de Oaxaca conserve de riches traditions en matière d’artisanat, de fêtes, et surtout de cuisine. Les routes s’étirent dans une vallée perchée à 1.500 mètres et les flancs montagneux abordent des touffes bleutées dans des champs à l’herbe jaunie. Nous sommes ici au pays du mezcal, un alcool -fort- élaboré à base d’agave, dont les effluves se sentent à plusieurs kilomètres à la ronde en cette période de production. Les dégustations se font avec modération, … la route est longue ensuite ! Plus loin, la belle ville portant le nom de la région, merveille d’architecture coloniale, constitue à elle seule un fascinant carrefour culturel où se déroule, dans une atmosphère joviale et désordonnée, un étourdissant ballet quotidien. Les conducteurs s’en donnent à cœur joie question décibels, tandis que les piétons slaloment dans les marchés animés entre les stands de fruits, de fromage, de recharges téléphoniques, d’artisanat coloré ou de tickets de loterie, ou déambulent dans les rues pavées. Et au sommet d’une colline surplombant la ville, s’étendent les impressionnantes ruines de Monte Alban, qui révèlent leurs couleurs dorées sous un soleil radieux. Les cultures d’hier et d’aujourd’hui se mêlent à merveille dans cette petite région pleine de charme.

 

OAXACA I LE CHARME, LA VIE ET LE GOÛT

De jolies rues piétonnes animées, bordées de basses maisons aux façades de couleurs vives, de superbes bâtiments monastiques qui cachent en leur cœur d’intéressants musées, d’étonnantes expositions s’inscrivant dans des lieux atypiques, etc… Oaxaca offre une bouffée culturelle bienvenue ! Derrière chaque porte et à chaque coin de rue, l’œil attentionné peut apercevoir un patio fleuri, des arcades imposantes, un cloître paisible, une galerie d’art, ou un petit café indépendant, qui invitent à s’installer quelques instants. Au musée Santo Domingo, qui possède une riche collection sur l’histoire de la ville, nous serons surtout impressionnés par la beauté des espaces de l’ancien temple. Des cloîtres se succèdent, aux ambiances toutes différentes ; des galeries à arcades sur deux niveaux accompagnent la promenade ; de longs couloirs sombres et voûtés mènent aux anciennes cellules des moines, reconverties en salle thématisées ; les rayons de la bibliothèque abritent des milliers de livres anciens  ; et de grands cadrage sur le paysage invitent à la contemplation. Ici, la pierre blanche aux reflets verts est laissée nue. Tout est propice au recueillement dans cette architecture coloniale impeccablement restaurée. Une ambiance paisible qui contraste avec l’agitation constante de la ville. Sur la place centrale, le zocalo, les grands arbres apportent de l’ombre aux cireurs de chaussures, aux vendeurs ambulants, aux manifestants d’un jour, ou aux passants fatigués. Au marché couvert, les marchands de tapis côtoient ceux de confiseries, de fromage, de vannerie, ou de liqueurs. A l’écart se tient, sur la même superficie, la section alimentaire, où se retrouve tout bon Oaxaqueno qui se respecte. Car la ville se démarque par sa cuisine exceptionnelle, classée, à juste titre, Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’Unesco ! Des tlayudas au bœuf savoureux, aux tamales de poulet, en passant par le fromage filandreux, le chile relleno farci à la viande, ou l’incontournable mole negro et sa sauce au chocolat qui accompagne le poulet, les papilles n’ont que l’embarras du choix. Les chapulines, petites -ou grosses- sauterelles grillées, accompagnées de piment, sel ou citron, n’auront toutefois pas fait l’unanimité, plus par le manque de goût que par la texture déroutante.

 

MONTE ALBAN I L’HISTOIRE DOMINE LA VILLE

Avec ses temples, ses palais, ses hautes plates-formes à degrés, ses pierres gravées, son observatoire et son jeu de balle, bien ordonnés sur un plan rectangulaire, ce site précolombien de l’ancien monde zapotèque impressionne avec sa magnifique vue panoramique à 360° sur la vallée de Oaxaca en contrebas et les massifs montagneux à l’horizon encore dans la brume. Un choix d’emplacement stratégique ! La lumière du petit matin est splendide et fait ressortir les tons dorés de ces édifices politiques et cérémoniels. Gravir les marches des temples donne le sentiment de remonter le temps, et de se rapprocher un peu plus des dieux zapotèques. Et cette fois-ci, l’absence de monde permet de profiter pleinement de l’incroyable quiétude des lieux pour méditer. Juste nous, le site et son histoire extraordinaire, un moment magique !

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