Les eaux bleues du Yucatán

Le Mexique est un pays de contrastes. Si nous entrons par sa région la plus touristique, le Yucatan, pour profiter des joies de ses plages de sable blanc, nous en découvrirons bien plus. Entre villes gigantesques et jungle humide, temples Mayas et cenotes profonds, volcans enneigés [et oui ! Même au Mexique] et villages coloniaux aux milles couleurs, champs de cactus et plages de rêve, ou héritage préservé et faune protégée, … le Mexique donne à voir une infinité de merveilles. Au Yucatan, région du pays où se concentre la majorité des ruines précolombiennes, c’est pourtant le bleu qui domine, du ciel à la mer, en passant sous terre. Et le bleu est ici une couleur chaude : entre les lagunes, l’océan, ou les cenotes, les eaux déclinent une quantité inimaginable de la palette azur, où l’on se baigne sans jamais rechigner. Une chose est sûre, on ne peut rester insensible à tant de beauté.

 

LES SEPT NUANCES DE BACALAR

Sept couleurs, sept teintes de bleus différents posées sur du sable étincelant ! C’est le décor irréel de cette grande lagune d’eau douce claire et turquoise qui accueille le voyageur dès l’entrée dans le pays. Le coin est calme, l’eau est délicieusement chaude, les pontons invitent à la rêverie, nous avons déniché un petit coin de paradis ! À pieds, de l’eau jusqu’à la taille, on progresse avec lenteur, foulant le sable blanc, qui parfois devient vase. De petits poissons viennent de temps à autre, chatouiller les mollets lorsque l’on se prélasse dans ce spa à l’air libre. L’air est pur, l’ambiance détendue, la vue fabuleuse, on se sent bien à Bacalar ! En deux jours, nous avons pu analyser : point de légende, il y a bien sept des nuances de bleus, un dégradé changeant, qui passe du clair au profond.

 

LA MER TURQUOISE DES CARAÏBES

Sur la côte Caraïbes, il y a les plus belles plages, le plus doux sable blanc, les plus délicieux bains de mer, les plus beaux cocotiers, les plus savoureuses Pina Colada, bref les spots idylliques pour se prélasser quelques jours. C’est sur les Caraïbes que nous prendrons nos quartiers, dans le village paisible de Mahahual, où l’arrivée des bateaux de croisières ne perturbe même pas l’ambiance décontractée. Maisons de bois, bateaux de pêche sur la plage, transats à l’ombre des cocotiers, et pélicans paresseux seront le décor des prochaines nuits de bivouac. Le long du malecon (promenade en bord de mer), l’eau est incroyablement turquoise, le sable incroyablement fin. Les eaux sont peu profondes et à quelques coup de rames, le kayak nous dépose sur le grand atoll corallien où poissons multicolores, raies, tortues et éponges géantes s’ébattent dans les fonds marins. Reste juste à revêtir sa plus belle tenue de sirène -palmes, masque, tuba et gilet de sauvetage font fantasmer tous les poissons- pour explorer ce monde inconnu. D’autres pousseront plus loin pour épater les requins, en s’offrant une heure de plongée. Combinaison saillante et bouteilles d’oxygène sur le dos, c’est à 12 mètres sous l’eau que Valentin découvrira avec émerveillement tortue marine, bancs de coraux, barracudas énormes, et autres poissons perroquets, lors de son baptême. A Mahahual, on se délecte aussi de denrées exotiques, comme de délicieux ananas ou de succulentes tortas accompagné de nos nouveaux amis. On se baigne, on travaille, on discute pendant des heures, … la vie est dure sur la plage des Caraïbes ! Quelques kilomètres plus au nord, dans la réserve de la Biosfera Sian Ka’an, c’est par une piste de terre remplie d’ornières qui traverse une biodiversité incroyable de forêt tropicale, marais, mangrove, îles côtières que nous dénicherons un autre bout de paradis plagesque sous les cocotiers. Mais à quelques pas, l’envers du décor n’est toutefois pas beau à voir : sur ces plages sauvages, les détritus, poubelles, déchets et ordures de toute sorte, rebuts de la mer ou jetés sciemment, s’amoncellent le long du rivage. Au Mexique, derrière la « façade paradisiaque » se cache souvent l’enfer. Nous profiterons malgré tout de cette mer agitée, du sable chaud, des rayons brûlants du soleil, des noix de cocos à profusion, des douches en plein air, et des Pina Colada au coucher du soleil pour nous seul.

C’est aussi sur les Caraïbes que nous irons nager avec les tortues de mer géantes. À Akumal, le « lieu des tortues », une splendide baie en croissant de lune est fermée par un récif de corail. Dans cette grande piscine naturelle, les énormes tortues de mer viennent brouter l’herbe qui pousse au fond de l’eau. C’est équipés de nos plus belles tenues de plongée, que nous partons à la découvertes de ces reptiles. Des fonds superbes révèlent quantité de coraux encore jamais vus, raies et poissons inconnus. Mais c’est lorsque ladite tortue manque de te frôler et que vous vous retrouvez nez-à-nez, que tu restes vraiment émerveillé. Tu l’accompagnes dans son ballet, l’observes plonger au fond de l’eau pour mâchouiller les algues, remontes avec elle à la surface pour respirer. Une, deux, puis quatre, six, dix, … une vingtaine de tortues, presque autant de raies et un nombre incalculable de poissons multicolores auront réussi à égayer simplement notre journée de rencontres magiques. C’est absorbés par toutes ces intenses activités que nous négligerons les photos pour vous faire partager … mais on vous assure, c’était vraiment TOP !

 

L’EAU SOMBRE DES CENOTES

Dans le Yucatan, les températures peuvent grimper très haut en pleine journée. Heureusement, la région fourmille de cenotes, énormes trous naturels d’eau douce, apparus suite à l’effondrement des terrains calcaires situés au-dessus d’un réseau de grottes, galeries, et rivières souterraines. Atteignant parfois jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, ces magnifiques piscines naturelles représentaient au temps des Mayas, des puits sacrés dans lesquels étaient jetées offrandes et victimes sacrificielles. Dépassé ces visions peu ragoutantes, le bleu lumineux de l’eau et la fraîcheur qui règne sous terre, invitent a piquer une tête pour supporter la chaleur yucatanesque. S’il existe près de 6.000 cenotes répartis dans toute la région, camouflés en pleine jungle ou à quelques pas de la ville, nous en avons sélectionné trois, à l’ambiance très différente. Le cenote X’Kekén, très accessible, et donc très fréquenté, est une grotte souterraine où les cris des enfants résonnent sur les parois calcaire. D’immenses stalactites frôlent l’eau incroyablement limpide, seul un trou supérieur laisse passer les timides rayons du soleil qui peinent à trouver un chemin vers ce joyau d’eau douce ou de fines gouttes de pluie qui s’étalent sur l’eau cristalline. La star des cenotes, c’est Ik kil, qui a la particularité d’avoir une forme circulaire quasi parfaite, d’où pendent en cascade de longues racines pour aller puiser l’eau sur près de 40 mètres de hauteur. Dès l’aube, nous profiterons plus d’une heure, seuls au milieu de cette magnifique piscine naturelle entourée de végétation, avant l’arrivée de la foule. Le cadre est enchanteur et les échos de nos plongeons viennent troubler le silence monacal des lieux. À 10 heures, des cars entiers déversent les touristes qui, parés de leurs plus beaux gilets de sauvetage orange -les mexicains ne savent pas nager- transforment ce jardin d’Éden en un mauvais remake de Titanic. L’heure pour nous de filer ! Notre dernier cenote sera bien plus isolé, au bout d’une mauvaise piste, nous nous demandons ce que nous allons bien trouver. Au bas d’un escalier brinquebalant, le trou bleu dévoile son eau claire. D’une profondeur impressionnante, les masques et tubas seront vite enfilés pour aller explorer ces reliefs sub-aquatiques peuplés de quelques poissons et de formations rocheuses énigmatiques. Un monde magique constitué de stalactites, de passages et de cavernes sous une eau transparente.

Il y a peu d’endroits dans le monde où les éléments conjuguent à la perfection le décor d’une carte postale grandeur nature. Des cenotes tous plus imprévisibles les uns des autres, jolies et rafraîchissantes piscines naturelles ; à la mer des Caraïbes bordée de palmiers et de sable blanc, gigantesque aquarium en plein air ; en passant par des lagunes au camaïeu azur, … le Yucatan lui, possède tout à la fois.

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