Les charmes coloniaux des hauts plateaux

Déserts et forêts d’altitude, rues pavées, culture animée et belles places ombragées : la région au nord du vaste plateau central est aussi variée que son passé. Berceau de l’indépendance et connue pour son rôle révolutionnaire dans l’histoire nationale, cette région s’enorgueillit de plusieurs joyaux : de superbes paysages vallonnés et de nombreuses cités coloniales, fondées grâce aux richesses minières. On est ici au cœur du Mexique, dans la région des pueblos magicos, ces villages charmants -ou charmants villages- désignés chaque année par l’État. Ainsi, Guanajuato, San Miguel de Allende, ou Zacatecas, ces villes, à la fois musées et spontanées, nous aurons émerveillé. Des villes aux multiples couleurs, des pentes éprouvantes, des ruelles cosmopolites, des cours d’art et d’histoire, … autant de raisons de venir explorer ces belles cités pour y découvrir tous leurs charmes cachés.

 

SAN MIGUEL DE ALLENDE I LA BOHÈME

Haut lieu touristique, accueillant en villégiature de nombreux américains tombés sous le charme des rues empierrées et des maisons seigneuriales, San Miguel de Allende a de quoi en séduire plus d’un. Des couleurs chatoyantes, des bâtiments coloniaux et une douceur de vivre teintée d’exotisme, le tout baigné d’une extraordinaire lumière, en font une destination de choix. Si San Miguel peut paraître à première vue embourgeoisée par ses nombreuses boutiques d’antiquités, ses galeries d’art ou ses restos chics, il suffit pourtant de s’éloigner de quelques rues pour découvrir l’âme de cette ville mexicaine. Flâner quelques instants sur la place principale permet d’assister aux défilés costumés de l’école du quartier, visiter le marché permet d’apprécier la richesse et la diversité de l’artisanat local, s’enfoncer dans des ruelles inexplorées permet de déguster des mets inattendus de cette région. Au fil des ruelles, des dizaines de monuments ecclésiastiques ponctuent le parcours de cette belle ville coloniale : sur le zocaló, les deux tours roses de la cathédrale dominent le centre, tandis que sur les hauteurs, l’ancien couvent est reconverti en centre culturel. Une magnifique étape, pour le plus grand plaisir des yeux.

 

GUANAJUATO I LA ROMANTIQUE

Suivre les ruelles piétonnes, se laisser envoûter par les mariachis à l’ombre des lauriers, ou se faire entraîner à la nuit tombée dans les callejones, Guanajuato possède beaucoup de charmes dont il est difficile de résister. L’UNESCO ne s’y est pas trompé lorsque qu’il a classé la ville en 1988 pour la richesse de son architecture baroque et son passé minier. Située à 2.000 mètres d’altitude dans une vallée pittoresque, au cœur des montagnes, Guanajuato est réputée pour son université mais surtout pour sa composition étagée fascinante. Cet ancien centre minier du XVIIème siècle repose aujourd’hui sur un vrai gruyère, dans lequel les voitures circulent à travers un dédale de tunnels et rues souterraines aux plafonds voûtés. Ici, les routes disparaissent dans un sous-sol au dessin labyrinthique, pour mieux surgir d’un autre côté. Un vrai casse-tête, où seuls les habitués osent s’aventurer.

Au dessus, il y a la ville, haute en couleurs, où tout est serré, imbriqué, entrelacé. Il faut partir sans plans, pour mieux se perdre dans les ruelles arc en ciel, où chaque édifice décline sa couleur favorite sur la façade. Une véritable palette de peinture à ciel ouvert, dont le mélange créé une vraie harmonie, c’est splendide ! Il faut se laisser guider par la musique à travers les rues escarpées, parfois si étroites que l’on peut s’y embrasser de balcon à balcon. Telles des montagnes russes, çà monte, pour mieux redescendre, çà tourne à gauche, à droite, ça débouche sur une charmante place arborée où glougloute une fontaine. À l’aube ou au crépuscule, le soleil rasant donne à la ville ces tons chauds qu’elle porte si bien. Chaque coin de rue dévoile un petit bijou d’architecture ou de couleur, tandis que d’excellents musées, d’élégants théâtres et une belle place de marché, s’égrènent au fil des promenades. Et avec plus de 3.500 ruelles dans la ville, il y a de quoi s’occuper! En ce dernier week-end de janvier, la ville est vivante et beaucoup de monde déambule à travers ces rues authentiques, où les habitudes locales sont bien vivaces : les vendeurs à la sauvette sont de sortie, les terrasses des cafés envahies, et les artistes donnent leur plus beau spectacle à même le trottoir. Ici, il existe même un phénomène unique où, le soir venu, de petits groupes se réunissent pour marcher dans les ruelles, habillés en costumes d’époque, en chantant, jouant de la guitare et racontant les légendes de la ville. Charmant ! Plus loin, des escaliers -ou un téléphérique pour les moins courageux- montent à travers des rues tortueuses vers une route panoramique qui domine toute cette jolie ville multicolore. De là-haut, ce sont les plus belles vues de Guanajuato. Le soleil couchant embrase les monuments et les maisons colorées construites les unes sur les autres, à flanc de colline. On reste tout simplement scotchés, émerveillés, fascinés.

 

ZACATECAS I LA PRÉCIEUSE

Isolée au milieu d’un paysage aride et rocailleux, la ville de Zacatecas est un petit joyau d’architecture colonial caché parmi les collines désertiques, à 2.500 mètres d’altitude. À l’instar de sa voisine romantique, Zacatecas, bâtie sur un sous-sol regorgeant de minerais, séduit par sa délicate architecture aux façades de grès sculptées. Ici, le tracé des ruelles pentues suit gaiement les ondulations du terrain, découvrant au fil de la balade des escaliers, de petites places arborées, des squares et autres recoins pleins de charme. La grandiose cathédrale possède une façade aux détails dignes d’un grand chef d’œuvre de l’art baroque mexicain ; les musées d’aujourd’hui investissent les couvents d’hier, présentant des expositions intéressantes ; et les opulents édifices en pierre rose se détachent sur l’éclatant ciel bleu. Rien de tel que de descendre dans la profondeur de ces mines souterraines, de s’élever pour observer la superposition des dômes et des toits de la ville, ou de se balader sur les pavés à l’éclairage nocturne qui donne une allure romantique, pour fêter dignement le passage d’une nouvelle dizaine.

Quand on arrive dans une ville coloniale, on ne sait jamais si elle va être vivante ou muséifiée, naturelle ou prisonnière de son statut, mais on sait toujours qu’elle va être belle. Alors qu’elle soit bohème, romantique, ou précieuse, c’est toujours une agréable découverte. Ces pueblos magicos représentent alors réellement l’image que l’on se fait du Mexique : des couleurs, de la musique, un climat clément, une joie de vivre, des édifices religieux, des sourires, du monde partout, etc… Des villes magiques, toutes plus belles les unes que les autres, que l’on ne cesse d’apprécier.

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