Le Yucatán tout en couleur

Le Yucatán en trois temps, ce sont ses eaux bleues [Les eaux bleues du Yucatán], sa culture mayas [Les pierres grises du Yucatán], et ses superbes villes coloniales, à l’ambiance chaude et joyeuse. Le dernier temps de cette valse d’exotisme nous entraîne à travers les tourbillons de couleurs, le tumulte des odeurs et la vie grouillante permanente. Au Yucatán, les températures sont écrasantes, et qu’elles soient en bord de mer ou au cœur des terres, les villes se parent de douces couleurs et la vie se déroule à l’extérieur, à l’ombre des arbres ou des patios. C’est toujours un joli foutoir où chacun s’y retrouve, les uns conduisant leur taxi à klaxon, les autres vendant de l’art indigène, et les derniers proposant des tacos au coin de la rue. Les villes coloniales mexicaines, ce sont les coccinelles stationnées dans toutes les rues, ce sont les catrinas, squelettes élevés au rang de grâce, qui célèbrent la fête des morts, et c’est la succulente cuisine, la meilleure de toute l’Amérique latine. Quand on arrive dans une ville coloniale, on ne sait jamais si elle va être vivante ou prisonnière de son statut, mais on sait toujours que cela va être beau.

 

VALLADOLID I LA PRÉCIEUSE

Petite ville à taille humaine, où les bâtiments coloniaux peints de couleurs rosées sont baignés de soleil, Valladolid est belle. Sur le zócalo [place principale] bordé de marchands ambulants, il fait bon s’arrêter quelques instants pour s’imprégner de la douceur de vivre tout en dégustant panuchos ou glaces artisanales ; le long des rues pavées sont alignées les maisons colorées d’un doux camaïeu qui découpent le ciel bleu. De petits détails donnent à cette ville une élégance particulière, comme le dessin des caniveaux, qui se fondent dans la courbe de la rue, les trames régulières qui composent la modénature des façades, ou une église au faux-moucharabieh impeccablement restaurée. Une cohérence architecturale agréable à regarder et plaisante pour se balader.

 

CAMPECHE I LA VILLE MUSÉE

Centre fortifié formant une petite enclave d’édifices pastels magnifiquement restaurés et de ruelles pavées, la ville de Campeche, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, n’est pas sans rappeler l’histoire de la belle Carthagène des Indes [La belle Cartagène]. Des remparts, il ne reste aujourd’hui que peu de fragments, mais les rues en damier, les balcons en fer forgé, les églises élancées, et les corniches de stuc sculpté apportent un doux charme à cette ville côtière. Peut-être un peu trop fade, peut être un peu trop lisse, les bâtiments conservés semblent inoccupés, les rues piétonnes semblent désertées, comme si le temps s’était arrêté. À l’extérieur des murailles, la ville dévoile une toute autre image de ce quartier muséifié : plus animée avec son grand marché, plus vivante avec pécheurs et promeneurs qui se croisent sur la jetée.

 

IZAMAL I LA PÉPITE D’OR

Paisible cité coloniale, Izamal est un joyau à la couleur du soleil. Le jaune serti de blanc éclate dans toutes les rues pavées sous un ciel hivernal. Au centre, le gigantesque monastère dévoile son cloître enherbé où les photogéniques coursives à arcades accueillent les pieds fatigués sous une ombre salvatrice. Ici, des signes gravés indiquent que les pierres utilisées proviennent d’anciens temples mayas détruits par les espagnols à leur arrivée. Un déjeuner au marché nous fera découvrir une nouvelle spécialité : les salbutes, dont les tacos frits sont remplis de bœuf, oignons et piments, un délice qui se mange par trois ! Repus, nos pérégrinations conduisent dans les rues oubliées, où les enduits à la chaux révèlent partout le même jaune lumineux. À l’heure où les rayons de soleil déclinent, les couleurs s’embrasent et les ombres s’allongent, couvrant d’or la petite pépite du Yucatán. Un véritable coup de cœur pour cette superbe cité tranquille où l’on prend le temps de vivre et d’entrer en contact avec des habitants chaleureux.

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