Le projet

> L’habitat à l’ère de la globalisation

L’histoire moderne de l’habitat se caractérise par la normalisation des matériaux, la standardisation d’une typologie, qui globalise à l’échelle du monde la construction du logement d’aujourd’hui. On constate donc qu’au fur et à mesure que le secteur du bâtiment s’industrialise, les principes constructifs locaux et les savoir-faire traditionnels sont abandonnés au profit de processus industriels modernes. Et ces dernières années montrent la destruction des particularismes locaux établis au fil du temps. Finalement déconsidérés, les savoir-faire vernaculaires finissent par être progressivement oubliés par les acteurs de la construction. Et malheureusement, la situation ne tend pas à s’améliorer en raison de l’urbanisation intense en route à l’échelle de la planète.

Face à ce constat, en tant qu’architectes, nous sommes convaincus que les façons dont l’Homme à travers le monde, a pu surmonter les contraintes naturelles et façonner son habitat, constituent une source d’inspiration essentielle pour une conception architecturale plus vertueuse. En effet, certains habitants cherchent des solutions pour échapper au système industriel, proposant des alternatives pour « habiter autrement » et on peut voir surgir des initiatives intelligentes, belles et efficaces. Ces leçons tirées de l’architecture vernaculaire interpellent nos propres modes de production du bâti en France, où l’industrialisation entraîne la perte du savoir-faire traditionnel. Si l’un des objectifs principal de ce projet reste l’expérience d’une aventure humaine riche, un autre primordial consiste à étudier ces types de constructions singulières traditionnelles dans chacune des régions traversées.

 

> L’architecture vernaculaire

L’architecture vernaculaire caractérise les constructions traditionnelles, intrinsèques à un territoire, une époque, un climat ou une société, produites par l’autoconsommation, où l’accent est mis sur les matériaux disponibles, la capacité de coopération, et la connaissance des savoir-faire traditionnels constitués au cours des siècles et transmis au cours des générations.

L’architecture vernaculaire permet de réinscrire des circuits courts, de faire travailler des artisans localement.  Elle permet d’apporter une réponse sociale à la prolifération du pavillonnaire, en imaginant un nouveau langage architectural et lutter ainsi contre le délitement du vivre ensemble.  Nous estimons de notre point de vue d’architectes, que ce mode de production s’inscrit pleinement dans notre époque et répond parfaitement aux questions actuelles sur l’avenir de notre société en s’appuyant sur le recyclage de matériaux locaux aux vertus bio-climatiques et écologiques. En ce sens, le domaine des pratiques vernaculaires offre, pour nous, un large panel de dispositifs ingénieux, un catalogue de suggestions et de solutions inventives, que nous voulons découvrir plus précisément. N’HOMADE va ainsi tenter d’explorer différents habitats qui témoignent des effets spectaculaires que peuvent produire ces techniques économes en matériaux et en énergie. L’objectif est de s’intéresser à ce type d’architecture, singulière dans chaque région traversée, et d’étudier, à travers une grille d’analyse complète, ces constructions.

 

Observer des techniques anciennes traditionnelles, comprendre un patrimoine rare et fragile, se questionner sur nos propres manières d’habiter, … le champ d’étude est large.

 

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