La Route 66 en 4 clichés

La Route 66, c’est un peu comme la tour Eiffel à Paris : mythique et archi-connue, c’est l’emblème du road-trip à l’américaine. Une légende de cinéma qui fait rêver les amateurs de Mustangs et les gros barbus aux blousons de cuir agrippés au guidon de leur Harley-Davidson. « The main street of America », traverse les plaines de l’Est du pays jusqu’au bord du Pacifique à l’Ouest, en passant par les déserts du centre, reliant Chicago à Los Angeles sur près de 3.600 kilomètres. Un frisson d’aventure dont seuls les américains ont le secret. Alors quoi de mieux que de parcourir cette route historique sur la selle d’une Harley ou le siège d’une décapotable, cheveux au vent, avançant au rythme des vrombissements de ces bolides légendaires ? Et bien, notre bon vieux Dodge Ram, tout aussi old school, et ses fenêtres grandes ouvertes ! À nous les kilomètres de bitume à travers des paysages changeants, à nous les diners [cafés, bars, restos burgers et motels éparpillés tout le long de la route], à nous le grand plongeon dans l’Amérique profonde ! Mais après quelques miles monotones parcourus dans l’Etat de Californie, nous ne pouvons que constater l’évidence : la Route 66 ce n’est plus ce que c’était ! Si cette route a connue une période glorieuse dans les années 50′, elle n’est aujourd’hui plus que l’ombre d’elle même. L’arrivée de l’autoroute [Interstate 40] avec ces larges voies rapides a remplacé complètement cette petite nationale, laissant à l’abandon de nombreux établissements, voire même des villages entiers. La « Mother Road » ne se résume aujourd’hui qu’à quelques tronçons de voies, que trous et bosses jalonnent en grand nombre, les hôtels deviennent des musées, et les fast-food se transforment en boutiques souvenirs d’une époque nostalgique mais révolue. Un idéal et une atmosphère que certains essayent tout de même, tant bien que mal, de conserver.

 

1 I Les grosses cylindrées qui font du bruit

Le premier cliché quand tu t’imagines la Route 66, ce sont les Harley bien rutilantes, les groupes de motards tatoués, les barbes et cheveux longs [pour que ça prenne bien le vent], le casque en option, les blousons de cuir agrémentés de symboles en tous genres. Bref, l’image du biker bien viril quoi. Et bien finalement, tu n’en croises pas tant que cela ! Quelques unes pour le touriste qui veut justement kiffer son cliché n°1 mais point de Johnny et sa bande de copains rockeur. Un premier mythe s’écroule quoi !

 

2 I Les diners à l’américaine comme dans les films

L’autre cliché que tu as pu voir partout dans les films de ta jeunesse, sont les fameux diners américains. Sur la route 66, ils croiseront forcement ton chemin. Le Bagdad Café, rendu célèbre par le film éponyme, est une halte intrigante en Californie où chaque touriste laisse la trace de son passage sur les murs : billets, drapeaux, et autres dédicaces tapissent ce petit café où trônent d’anciens juke-box. Les alentours sont déserts, la pause est salvatrice, mais les tarifs prohibitifs, justifiés par la notoriété des lieux, qui ont bien augmenté depuis les 70’s … Un peu plus loin en Arizona, c’est la déco kitsch, les tons pastels et les serveuses old school du fast-food du coin qui te feront revivre l’ambiance de ces années prospères. Il y a aussi les chaînes de motels aux néons crépitant, ou les barbers shops d’antan, qui tentent de continuer à perpétuer l’imaginaire de la « Mother Road », mais ceux là, nous ne les avons pas testés…

 

3 I Les villes fantômes comme des musées à ciel ouvert

Sur le bord de la route 66, de nombreuses villes abandonnées abreuvent aussi ton imaginaire. Certaines sont synonymes d’attrape-touriste, reconstituant sur plusieurs hectares, la vie d’un village Far-West pour un prix à en faire fuir plus d’un (mais pas tout le monde quand même car le parking était plein!). Mais beaucoup sont aujourd’hui complètement désertées, laissant quelques ossatures de maisons çà et là au milieu d’un champ. Un peu glauque quand même ! Pour les plus nostalgiques, une vieille station essence, au milieu de nulle part, a même été reconvertie en magasin de souvenirs. Et ce petit musée est franchement bien fait : de vieilles voitures dans la cour, de jolies antiquités, une chanteuse de country derrière son piano, un café pas trop dégueu, de quoi se plonger un moment dans l’esprit de cette Amérique mythique.

 

4 I Le gigantisme des Amériques

On va pas te casser le dernier cliché de cette Route 66, mais la route est longue (nous en avons d’ailleurs parcouru qu’une infime partie). Alors si tu t’attends à des panoramas grandioses tous les miles, passes ce chemin. Les routes droites s’étirent à l’infini au milieu de larges zones désertiques où il ne se passe pas forcément grand chose. Parfois, tu traverses un canyon, enchaînes des virages serrés, parfois tu découvres un paysage lunaire où un volcan au toit plat domine l’horizon, mais parfois tu t’ennuies. Alors tu t’occupes comme tu peux : tu t’émerveilles devant la longueur interminable des trains de marchandises (pas cool lorsque que tu croises leur route à un passage à niveau : on éteind le moteur et on attend 10 minutes), tu photographies les rangées de boîtes aux lettres ou tu tentes de capturer le fameux sigle « Road 66 » encore inscrite sur la chaussée ou sur quelques panneaux.


Si elle n’est franchement pas indispensable lors d’un voyage aux USA, la Route 66 garde encore quelques traces assez chouette d’une époque florissante. Alors, c’est j
uste pour dire que nous l’avons fait : WE WERE ON THE MOTHER ROAD BABY !

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