La nature à 1 heure de Vegas

Le Nevada est un État tout en contrastes. S’il est mondialement connu par Las Vegas [La folie des grandeurs], ville perdue au milieu d’un no man’s land qui apporte l’image d’une Amérique bling bling où l’argent facile est à la portée de tous, le Nevada, c’est aussi un désert, un paysage de Far West parsemé de canyons, de lacs et de grandes vallées arides. Quittant la scintillante ville lumière, le temps est maintenant au repos. Et un peu de quiétude ne nous fera pas de mal ! Aussi surprenant qu’il soit, à seulement une heure de route de Las Vegas, se trouvent l’immense lac Mead, alimenté par les eaux du Colorado, et la somptueuse vallée de feu. C’est donc avec émerveillement que nous nous apprêtons à découvrir ce qui s’avèrera être l’un de nos coups de cœur américain, un crush auquel tu ne t’attends pas et qui te laisse sans voix ! Rien que pour cela, merci le Nevada !

Sur la route vers la Valley of Fire, un premier arrêt s’impose pour découvrir la plus grande étendue d’eau artificielle du monde : le lac Mead. Ce réservoir de 180 km de long, créé par le barrage Hoover Dam sur la Colorado River en 1935, permet d’alimenter en eau et électricité l’état du Nevada [dont Las Vegas et ce n’est pas une mince affaire ! ], mais aussi quelques villes d’Arizona et de Californie. Et au Nevada, la chaleur est brutale, alors pouvoir rester proche du lac, s’adonner à la pêche, au kayak, ou simplement contempler les eaux depuis un bivouac idyllique, est toujours salutaire. La longue route qui traverse le parc longe le lac, offrant de superbes points de vue pour admirer ou photographier sans retenue. Seul fait de constater que le niveau d’eau baisse à vue d’œil, faisant craindre l’assèchement rapide de ce lac pourtant si paisible…

À 85 km à l’Est de Las Vegas, mais bien loin de ses casinos et fausses paillettes, nul doute est permis sur l’origine du nom de la vallée de feu. Il suffit d’un simple coup d’œil à la couleur flamboyante de la roche pour apporter la réponse à nos éventuelles interrogations. Ici, la terre s’enflamme. Au beau milieu d’un désert aride, grisonnant, et pas très séduisant, la roche prend des couleurs hallucinantes, faisant de ce petit parc d’état, une des plus jolies merveilles du Nevada. Après s’être acquitté des 10$ réglementaires et avoir récupéré toutes les informations nécessaires à la visite de ce joyau coloré, nous décidons de prendre du temps afin d’en explorer les moindres recoins. Première étape, trouver le campement afin de réserver notre emplacement pour ce soir. Si la tâche s’est avérée compliquée, et pour cause : une compétition de tir à l’arc attirant les foules de tous les États-Unis rend les emplacements rares en cette fin de semaine. Mais après quelques minutes, nous repérons le spot de rêve, à l’abri des rochers. Terrain plat, table de camping et barbecue, tout est prévu, nous sortons donc nos chaises, réglons notre emplacement et partons léger à l’assaut de la Valley of Fire, sûrs de pouvoir nous endormir dans ce petit coin de paradis pour la nuit. La découverte de ce paysage infernal se fait alors par étapes, on commence avec tous les tons de l’orange et plus on s’enfonce, plus le dégradé rougeoyant s’intensifie. La palette de couleurs du Valley of Fire State Park  est immense. Si une route panoramique permet de découvrir cette vallée avec différents points de vues [où l’on voudrait s’arrêter toutes les 10 minutes], aussi magnifiques les uns que les autres ; c’est en marchant un peu que les explorations seront les plus belles. Malgré la chaleur écrasante à l’extérieur [et nous ne sommes pourtant qu’au printemps], chaque randonnée apporte son lot de surprise. Tantôt des pétroglyphes, probablement réalisés par les indiens Anazis, premiers habitants du site ; tantôt d’anciennes dunes de sable pétrifiées à la couleur évocatrice d’une glace vanille-chocolat ; tandis que plus loin, on se laisse embarquer au fond d’un splendide canyon aux parois rougeoyantes, surplombé par des petites chaînes de montagnes et habité par des animaux en tous genres et des cactus en fleurs. Au soleil couchant, les formations rocheuses étonnantes prennent des teintes flamboyantes, à l’instar de cette vague de feu [Fire Wave] où les stries multicolores semble onduler telles des reptiles encore vivants.

Une jolie soirée au coin du feu et le regard vers les étoiles, achèvera définitivement notre coup de cœur pour ce parc à la beauté sans nom. Le lendemain, nous pratiquerons quelques instants les rudiments du tir à l’arc avant de repartir à l’assaut de cette bande d’asphalte qui sinue à travers les rochers aux incroyables dégradés.

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