La belle Carthagène

Si le soleil et les richesses culturelles sont omniprésents tout au long de cette côte caraïbe, le joyau incontesté du littoral reste Cartagena, une ville coloniale, à la beauté et au charme inégalé. Chaleur à son maximum, moiteur à son paroxysme, stands de jus frais ou de glace à tous les coins de rues, … Bienvenue dans la belle colombienne. Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, Carthagène des Indes est une ville de conte de fée et de légendes, dont la beauté est superbement préservée par quelques kilomètres de fortifications, vieilles de plusieurs siècles. Les remparts de l’ancienne citadelle rappellent le passé portuaire de la ville, l’un des plus important de l’empire colonial espagnol, qui, pour se protéger des attaques de pirates, a fait ériger une gigantesque forteresse. Du haut des murailles, c’est ainsi la mémoire de tout un continent que l’on contemple. Reine incontestée de la côte caraïbe, Carthagène a deux visages : une vieille ville aux ruelles pavées labyrinthiques, aux balcons ouvragés couverts de bougainvilliers, aux superbes fenêtres à barreaux, aux lourdes portes cochères, aux patios fleuris, aux imposantes églises qui dominent de petites places ombragées, aux couleurs chaudes de chaque façade et aux marchands ambulants ; au-delà des fortifications, c’est une ville moderne à la circulation dantesque où hautes tours de verre hébergeant une population branchée côtoie une ville laborieuse et chaotique typiquement sud-américaine. Mais Carthagène est une ville très attachante que l’on a du mal à quitter.

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APPEL À LA FLANERIE

Carthagène est un endroit à vivre plutôt qu’à visiter ; il faut flâner dans la vieille ville en journée et en soirée, s’installer sur le banc d’une place ombragée, se désaltérer avec un jus bien frais, partager des instants d’une vie quotidienne animée, pour s’imprégner de l’atmosphère sensuelle qui y règne. Ici, la chaleur s’assume, il fait chaud, très chaud, alors le pas se ralentit et la recherche d’ombre devient obnubilant. Au cœur de la vieille ville et à l’abri des remparts, aucune brise ne vient contrarier le mercure du thermomètre qui ne cesse de grimper. Sous un soleil omniprésent, Carthagène expose ainsi ses maisons coloniales aux couleurs explosives, ses ambiances vivantes et bruyantes dans chacun des quartiers populaires. On se noie avec délectation dans cette ville, flânant de ruelles pavées en places ombragées, notant ça et là des grappes de fleurs débordant des vieux balcons, des bow-windows en bois tournés, ou des immenses portes d’entrées dévoilant de somptueuses demeures. À chaque coin de rue se vend café et jus de fruits salvateurs, chapeaux et sacs, tableaux et bijoux, un véritable centre commercial à ciel ouvert. On se sent bien, en phase avec le pays, les gens, le rythme, au milieu de cette palette de couleur où rose, ocre, bleu, jaune et blanc sont déclinés sous toutes les teintes. Une exposition artistique au grand air où l’on retrouve aussi de sublimes œuvres aux belles couleurs, aux collages, et aux dessins chiadés. La ballade sur les remparts parfaitement conservés permet de prendre un peu de hauteur et de profiter de la quiétude des Caraïbes ou des exploits des pécheurs à l’ombre des niches défensives. Plus loin, des cerfs-volants flottent dans un ciel sans nuages. Les fils se croisent, les couleurs se mélangent, et les gens sourient, on se plaît bien à Carthagène. C’est gai, c’est varié et plein d’influences, une ville pour en prendre plein les yeux, pour nous, certainement l’une des plus jolie visitée.

 

DES PLACES QUI S’ANIMENT

Oasis de verdure dans la chaleur caribéenne, elles deviennent points de rencontre, lieux d’animation, terre de repos. Le soir venu, quand la chaleur retombe, on fait comme les badauds qui se dirigent vers la petite place. L’église y trône fièrement, laissant résonner des chants religieux teintés de chaleur. Des centaines de fidèles sont regroupés pour la messe, une bougie à la main, ils entonnent en cœur des hymnes qui nous laisserons quelques frissons. Sur la place, les enfants s’adonnent au trampoline ou disputent un tournoi de foot au milieu du cours de zumba. En plein air, la musique rythmée entraîne femmes et hommes dans une chorégraphie millimétrée. À l’heure où les cloches sonnent, les portes de l’église s’ouvrent, annonçant la fin des festivités. Habillés de blancs, les chrétiens sortent un à un sur le parvis animée. Plus tard, des spectacles de rues se tiendront au milieu des effluves de brochettes, de ceviches, de burgers et d’arepas (fines galettes fourrées à la viande et au fromage). Quelques spécialité de la rue à déguster sur un banc en compagnie des habitants, elle est belle la vie en Colombie.

Réapparue depuis peu dans les destinations phares des voyageurs, la Colombie a tout pour plaire : une sécurité assurée, une riche diversité, un peuple chaleureux et accueillant, et une douceur de vivre contagieuse. Et même un peu plus… Il faut profiter de ses plages paradisiaques sur la côte pacifique ou sur les caraïbes, il faut observer sa faune et sa flore aussi variées que ses paysages, il faut arpenter ses sommets andins, ses collines verdoyantes, ses magnifiques parcs naturels ou sa forêt amazonienne, il faut se perdre dans un désert inattendu, il faut découvrir des sites archéologiques emplis d’histoire, il faut visiter des villages anciens de la Zona Cafetera jusqu’aux villes coloniales, il faut s’imprégner de l’ambiance des grandes villes dynamiques et colorées, il faut partager des relations sincères avec les habitants, etc… il faut tout cela à la fois pour s’imaginer au mieux la Colombie. La Colombie, on n’aime pas, on ADORE. Un vrai coup de cœur dans ce voyage dont il reste encore tellement à explorer. Le seul risque de venir en Colombie, c’est de vouloir y rester, prédisait ce slogan touristique, à tort mais surtout à raison !

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