Good morning Caraïbes

Il y a des lieux sur cette planète où le temps s’étire. Extensible, suspendu, inaltérable, sur la façade Caraïbes, le temps passe comme chacun le veut bien ; maintenant sera demain, hier devient aujourd’hui, cinq minutes peuvent durer des heures. Ici, le voyageur pressé ralenti inévitablement son rythme, le voyageur organisé est désarçonné … mais pour son plus grand bien ! Se laisser porter, envoûter, et contempler pour profiter des instants de bonheur au milieu de ces paradis naturels encore sauvages.

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LES ILES DU ROSAIRE I NAGER DANS UNE MER DE DIAMANTS

8h du matin, la température avoisine les 40°C, et nous partons à six, les bras chargés de provisions pour trois jours vers une destination qui serait, à priori, connue uniquement des initiés. Au port clandestin de Carthagène et après plus d’une heure d’attente sous un soleil de plomb, nous embarquons rapidement, dans un bateau déjà bondé de touristes en mal de sensations fortes. Direction, les paysages enchanteurs des îles du Rosaire, un archipel de 27 joyaux de sable blanc au milieu d’une mer turquoise pour profiter de quelques jours de VRAIES vacances -parce qu’on vous jure que ce voyage est loin d’être des vacances ! Une heure plus tard, et après quelques hésitations du pilote, nous descendons sur un petit ponton privé, abandonnant les amateurs de circuits journaliers, furibards que nous leur ayons fait perdre de précieuses minutes de barbotage. Une île de quelques kilomètres carrés où tout se fait à pieds, une plage, une eau délicieusement chaude et transparente, un pécheur, des coraux, des poissons, des oursins -des doigts s’en souviennent-, une cuisinière divine, des moustiques -on aurai pu s’en passer-, un hamac, des jeux de cartes, un livre, une sieste, un maillot de bain, des palmiers … un doux programme s’annonce. Ici, il n’y a ni routes, ni voitures, ni villes, ni boutiques, juste un petit kiosque, histoire de remplir la glacière d’Aguila -attention, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé- et le tour de l’île s’effectue en 10 minutes. D’un côté, de l’eau, de l’autre … (on est sur une île hein!) ; alors les chaudes journées ensoleillées invitent simplement à se rafraîchir plusieurs heures dans cette immensité turquoise ou se prélasser dans un hamac accroché entre deux palmiers. La seule contrainte sera de se tartiner régulièrement de crème solaire, car sous ces latitudes, le soleil ne pardonne pas ! Quelques coup de pagaies permettront d’aller explorer les îles voisines, et le snorkeling [masque et tuba] de se délecter des fonds marins de la barrière de corail -activité limitée puisque V******* laissera tomber la vitre du masque au fond de l’eau. Quelques pécheurs viennent proposer leur prises à des prix défiant toutes concurrence … autant dire qu’avec Paloma pour cuisiner tout cela, nous ne nous sommes pas privés : patacones [bananes plantains], riz, poissons, langoustes et limonade à tous les repas. L’idée ici c’est de profiter, entrer dans le quotidien du repos, de prendre le temps, le temps de ne rien faire. Le soir venu, la lune pleine fera scintiller les eaux de mille feux et, seuls au monde, nous nagerons pendant plusieurs heures dans cette mer de diamants.

Puis, il est temps de rentrer. Le bateau accoste au ponton et nous repartons vers d’autres horizons, des souvenirs plein la tête de ce petit paradis perdu. Une halte sur l’île Baru et sa belle plage de sable blanc, mais au paroxysme des méfaits touristiques [transats, parasols, gargotes de plage, vendeurs ambulants, jets-skis et autres bananes gonflables], nous confirmera dans notre choix de profiter du paradis en version Robinson Crusoé, loin de l’agitation et de la foule. Le repas avalé et les touristes embarqués -dont la capacité maximale a été largement dépassée- nous faisons route vers Carthagène. Au loin, le ciel est noir, nuages et éclairs forment la toile de fond de notre destination. Puis lentement l’orage se rapproche, le vent se lève et la pluie devient torrentielle, les vagues se déchaînent. C’est aussi ça les Caraïbes, jouir des caprices météorologiques. Avec la vitesse, le bateau ne flotte plus mais vole sur cette mer qui a subitement pris la couleur de l’encre. Un spectacle aussi incroyable qu’éprouvant, de la peur, des rires, des maux, … et si finalement c’était cela la véritable attraction ?

 

PARC NATIONAL TAYRONA I SE BALADER ENTRE JUNGLE ET PLAGES SAUVAGES

Des plages de sable blanc face aux vagues de la mer des Caraïbes, des montagnes côtières aux neiges éternelles, des jungles épaisses, des rivières infestées de crocodiles, des cocotiers, des singes, des communautés indigènes isolées, voici le décor du Parc Naturel National de Tayrona. Idyllique ? Si l’on met de côté la chaleur moite et les moustiques, c’est ce que l’on peux dire de ces trois journées inoubliables. Entre détente sur la plage et exploration de la jungle, la parc offre une diversité d’activités qui ne permettent pas de s’ennuyer. Les longues marches sous des chaleurs torrides sont récompensées par de jolies baies aux eaux transparentes où il fait bon se rafraîchir. La mer est belle, la mer est calme, on pourrait y passer des heures !La faune s’observe sans crainte, avec des singes capucins, des crabes violonistes, ou des lézards fluorescents. Des chemins s’enfoncent dans la forêts, menant parfois à de petites maisons aux toits de palmes où se promènent des groupes d’enfants Kogis. Vêtus d’une simple toge blanche, ces jeunes à la peau mate et aux longs cheveux de geai tantôt se montrent, tantôt sa cachent, mais n’apprécient guère les photos. Les noix de coco se glanent au fur et à mesure qu’elles tombent des arbres -attention aux têtes- et le jus se déguste à l’ombre palmiers. Les douches se font en plein air, libérant du sel et du sable accumulés dans la journée. Les barbecues s’allument sous les manguiers et les bières se sirotent avec douceur. Les nuits sont chaudes mais le calme de la forêt est enchanteur.

Bref les Caraïbes, c’est le bonheur !

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