Foret de yuccas et cone fumant

Une haute plaine asséchée par le soleil, nappée de cactus et de yuccas, la silhouette de hauts volcans, dont les cimes enneigées culminent à plus de plus de 5.000 mètres, des lacs salés bordant des villes animées, etc… la région de Puebla réserve bien des surprises. Ici encore, la ville éponyme représente la région, et dévoile une épuisante ambiance mexicano-moderne qui déroute. Située au pied de deux monstres de lave, le Popocatepetl et l’Iztaccithuatl, l’agitation de la métropole est très vite remplacée par un silence apaisant sur les flancs des volcans. Et à une centaine de kilomètres de là, perdues à l’intersection de deux routes des hauts plateaux, de splendides ruines mésoaméricaines, presque oubliées, attendent sagement d’être visitées.

 

CANTONA I UNE MERVEILLE SOUS LES YUCCAS

Isolée et loin de toute ville importante, la vaste cité de Cantona, reste inconnue des voyageurs alors qu’elle a tant à montrer. Les volcans en toile de fond d’une des cités précolombiennes parmi les plus grandes du Mexique créent un cadre absolument grandiose à ses ruines préservées. Une fois de plus, nous sommes seuls à profiter d’un superbe spectacle au coucher du soleil, ce qui n’est pas pour nous déplaire ! À la lumière qui décline, les pierres se teintent d’or au milieu des herbes jaunies et des pins, qui ont déposés au sol des tapis d’épines. Un tour rapide nous fera prendre la mesure du gigantisme de la cité, dont seulement un peu moins de 2% n’a encore été découvert ! La vraie visite se fera le lendemain -et la dizaine de kilomètres à escalader les escaliers-, au petit matin, pour profiter d’une lumière toute autre, qui donne un autre visage à cette cité enchanteresse. En se promenant à travers les rues surélevées qui desservaient autrefois plus de 3000 habitations, il est facile de s’imaginer l’ampleur de cette ancienne cité, qui s’étend linéairement sur plus de 12 km². De nombreux quartiers possèdent chacun leur propre centre, composé d’une place centrale encadrée par des pyramides et un jeu de balle, le tout dominé par un immense centre civique et religieux où les pyramides s’élèvent majestueusement sur un paysage surnaturel de lave solidifiée, parsemé de pins et de cactus. Depuis le sommet, les vues sont époustouflantes : une forêt d’altitude de milliers de yuccas s’étend à perte de vue sur l’herbe jaune de la plaine, sous laquelle se cache encore sûrement des kilomètres carrés de ruines ; à l’horizon, le plus haut sommet du Mexique pointe timidement le bout de son cône blanc à travers les rayons du soleil. Les terrasses végétales se sont parées de leurs plus belles couleurs automnales pour magnifier se merveilleux jardin.

Le calme qui règne aujourd’hui a remplacé le tumulte qui devait être permanent, les pins et les yuccas s’épanouissent maintenant au milieu des ruines, là où grouillaient à l’époque une cité commerciale en pleine effervescence. La vie se recréée au milieu de ces vieilles pierres ! Notre intérêt pour cette magnifique cité est aussi pour son mode de construction. En effet, contrairement à tous les autres sites mésoaméricains visités au Mexique, les indiens, à l’instar des incas au Pérou [Cuzco et sa sacrée vallée], n’ont utilisé ni ciment ni mortier pour édifier la cité. Ici, toutes les pierres tiennent en place grâce à leur disposition et leur poids ! Ce qui rend les ouvrages d’autant plus remarquables. Et aujourd’hui encore, après presque 30 ans de recherches, il est toujours impossible d’affirmer des vérités sur ce site. Sa construction, son apogée, son déclin, son abandon, etc…? Le mystère reste entier, laissant l’imagination fonctionner.

 

PUEBLA I UN PETIT TOUR ET PUIS S’EN VA

Une grande ville aux jolies façades ornées d’azulejos, ces carreaux de faïence peints à la main, une immense cathédrale et près d’une centaine d’église, font de Puebla une étape intrigante ! Alors, nous avons vu une bibliothèque prestigieuse aux beaux rayonnages qui supportent quelques 40.000 ouvrages anciens, … dont il est impossible d’approcher ; nous avons vu des églises baroques, … aux décors surchargés de milliers d’angelots et de décorations dorées ; nous avons vu de jolies bâtisses, … où les corniches croulent sous une montagne de stuc sculpté ; nous avons vu un quartier d’artistes qui s’expriment sur les trottoirs, … dans un brouhaha de circulation infernale… Bref, une ville qui promet beaucoup, mais qui finalement déçoit assez.

 

PASO DE CORTES I LES AMANTS FUMANTS

Si l’on se remémore ses cours de géo – aïe, ça remonte un peu-, à l’époque, le Popocatépetl faisait bien rire. Mais, force est de constater que lorsque l’on se retrouve face à ce montre volcanique, les zygomatiques cessent de fanfaronner. Culminant à 5.230 mètres, le « Popo » est le second plus haut sommet du pays, et actuellement en pleine phase éruptive, il fume inlassablement, menaçant d’expulser à tout moment sa cendre abrasive. Tout aussi fascinant qu’impressionnant ! Au Paso de Cortès, ses flancs de basalte appellent à la randonnée, mais toute ascension étant proscrite, il faut se rabattre sur son voisin, l’Iztaccíhuatl, pour prendre un peu de hauteur. Sans grimper jusqu’au sommet de ce volcan éteint, qui culmine tout de même à plus de 5.000 mètres et demande un peu d’acclimatation, nous marcherons un peu sur les flancs de celui, qui serait la « femme endormie du Popo ». L’air est sec, autant que les champs d’herbe jaunie par le soleil, qui s’étalent à l’horizon. Le manque d’oxygène se fait sentir, le souffle est court, et les pas difficiles, mais chacun d’eux nous emmène toujours un peu plus haut. À 4.500 mètres, les vues incroyables sur les pics tous proches ou le volcan fumant en face, font oublier toutes les douleurs. Ah qu’il est beau ce Popo !

De la culture à la nature, la région de Puebla nous offre tous ses états. Un plaisir immense à crapahuter, le souffle court, vers les plus hauts sommets du Mexique, ou à explorer, tel un aventurier, des vestiges oubliés. Une jolie région à ne pas manquer.

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