Équateur forever

Du cœur de la jungle amazonienne aux forêts d’altitude, des profondeurs des lagunes bleutées aux volcans enneigés, des sommets qui jouent à cache cache avec les nuages aux plages plantées de palmiers, l’Équateur conserve quelques secrets bien gardés et réserve des surprises inattendues. Les courbes incessantes, les montées et les descentes, la végétation luxuriante, les montagnes cultivées jusqu’aux cimes, les villages traditionnels des bords de route aux airs de bout du monde, nous profitons de tous ces paysages andin si particuliers. Sur des parcelles aux pentes vertigineuses, nous nous étonnerons de la labeur de ces travailleurs aux jolis habits de couleurs ; dans des villages reculés, nous nous délecterons des mets locaux rares (du fromage affiné à Salinas, du chocolat à Tena, du cochon d’inde à Mitad, du jus de canne à sucre à Banos) ; sur le bord des routes, nous achèterons fruits et légumes pour 1 dollar ; partout, nous nous émerveillerons des paysages si spectaculaires. Un petit territoire à la biodiversité incroyable, l’Équateur c’est des hauteurs, des saveurs, des couleurs et du bonheur.

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PROMENONS-NOUS SUR L’AVENUE DES VOLCANS

Comme des cônes parfait aux auréoles immaculées, les dizaines de volcans, parmi les plus hauts du monde, s’élèvent au dessus de la Sierra en griffant les nuages tout au long de la Panaméricaine, qui traverse l’Équateur du Sud au Nord. Certains sont encore actifs, sous étroite surveillance et interdiction d’y monter ! Terre fertile, sur les pentes les plus raides, couvrent des champs en damier composant un patchwork coloré, dont les produits se retrouvent hebdomadairement au marché.

L’emblème de l’Équateur, le volcan Chimborazo et ses 6.310 mètres de haut est le point le plus éloigné du centre de la Terre. Son sommet enneigé émerge d’une immense nappe verte cultivée, veillant depuis des décennies à l’abondance des récoltes. Au fur et à mesure de l’ascension, les collines escarpées et les vallées cultivées laissent place au páramo aride où seules quelques vigognes affamées laissent supposer à une vie sur ce territoire hostile. Le vent s’en mêle, balaye la poussière et complique la trajectoire ; mais il pousse aussi les nuages, libérant toute la splendeur du cône majestueux. Une chance de pouvoir contempler à loisirs le plus haut sommet du pays, qui bien souvent se nimbe pourtant de brumes. À plus de 4.000 mètres d’altitude, les rafales de vent s’estompent et plus rien ne perturbe le calme de ce magnifique panorama. Instant irréel, où la nature reprend ses droits. S’en suit le Cotopaxi, deuxième sommet d’Équateur, celui-ci est toujours en activité, et l’alerte est aujourd’hui lancé. Si du volcan nous n’apercevrons que la base, le reste étant dissimulé à travers les nuages, la promenade autour de la lagune dont les eaux, ridées par le vent, reflètent le géant, se voudra bucolique. Au beau milieu de cette plaine d’altitude, froide et herbeuse aux couleurs d’or, cohabitent en toute quiétude oiseaux, taureaux, lapins et chevaux sauvages. Quelques éclaircies laisseront même apparaître de temps à autre la calotte glaciaire du volcan : une intimidante silhouette volcanique prête à exploser à tout moment.

Au cœur d’anciens cratères aujourd’hui éteints, se trouve des pépites aux couleurs d’émeraudes. Parmi elles, la lagune de Quilotoa, aux eaux d’un beau bleu vert turquoise, se trouve à l’entrée de l’une des régions les plus sauvages des Andes équatoriennes. Routes, pistes et chemins qui y mènent serpentent à travers un chaos de montagnes couvertes d’un patchwork de cultures étagées. Sur la crête déchiquetée, à près de 4. 000 mètres d’altitude, le regard s’accroche à ce cratère vertigineux de trois kilomètres de diamètre aux eaux verdâtres dans lequel les falaises tombent à pic quelques 400 mètres plus bas. Au loin, les sommets des Ilinnizas, Chimborazo et Cotopaxi offrent une remarquable toile de fond que l’on ne se lasse pas d’admirer. Un sentier escarpé s’approche des bords du lac, l’eau scintille au soleil couchant et les couleurs ne cessent d’évoluer en accompagnant la descente dans les entrailles du cratère. Plus bas, les reflets des pics rocheux subliment la limpidité émeraude de la lagune, sur la plage, la nature reprend peu à peu ses droits. Un spectacle magnifique qui en fait oublier la terrible remontée.

C’est sur cette avenue des volcans que se termine la cordillère des Andes. Centrale, elle partage le pays en deux, et tandis qu’à l’Ouest s’étendent les longues plages du Pacifique, à l’Est c’est le bassin Amazonien qui déploie toute sa splendeur. Entre les deux … un monde à part.

 

EN ROUTE POUR LES CASCADES

Descendre de ces hauteurs pour rejoindre le niveau zéro, d’un côté comme de l’autre, est une expérience à part entière. Un monde transitoire se dessine devant nos yeux lorsque nous traversons la « forêt de nuages ». Bien qu’il soit difficile de distinguer le paysage avec l’épais brouillard permanent qui nous entoure, d’autres sensations se décuplent. L’humidité ambiante qui règne dans ces forêts invite à la prolifération rapide des végétaux et les plantes croissent au rythme des degrés qui augmentent. Les innombrables odeurs se mélangent, et les bruits de la faune résonnent en écho à travers les sous-bois. Les nuages denses se déplacent rapidement accentuant l’air mystérieux de ces territoires. Bananes, cacao, palmiers, canne à sucre, … sont cultivés le long des routes. Ces terres semblent fertiles en tous lieux et de nombreuses maisons isolées occupent ces vastes terrains verts et vallonnés. Sur le bas-côté, des sourires, des petits signes de la main ou des discussions animées égayent nos journées par tant d’amabilité.

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Aussi, avant d’arriver en Amazonie, il y a la Route des Cascades. L’une des plus belles du pays, elle promet d’en prendre plein les yeux avec des panoramas à couper le souffle, des forêts tropicales, des canyons et, comme son nom l’indique, des cascades qui s’enchaînent. Sur une soixantaine de kilomètres, la route sinue entre les montagnes, des gorges profondes et des cascades -plus ou moins impressionnantes- jalonnent les reliefs. Plus on descend et plus la végétation se densifie, les portes de l’Amazonie nous tendent les bras. Mais la cascade qui mérite un arrêt est El Pailón del Diablo, qui se découvre à pieds. Des balcons sculptés à la main dans la pierre surplombent le spectaculaire chaudron du diable, qui surgit avec fracas de la roche de plus de 80 mètres de haut. Le spectacle est littéralement arrosant et assourdissant. Les embruns d’une puissance impressionnante détrempent les plate-formes d’observation et nous nous retrouverons rapidement trempés. Tels des spéléologues, nous ramperons même sous la roche pour approcher l’arrière de la chute ; d’ici nous n’entendons plus rien hormis le vacarme des milliers de m3 d’eau qui se déversent avec violence. Une expérience époustouflante !

L’AMAZONIE À PORTÉE DE MAIN

L’Amazonie péruvienne nous manquait, sa chaleur moite, sa nourriture, ses marchés, son ambiance, sa forêt, ses bruits bizarres, ses couleurs, ses animaux, nous voulions y goûter à nouveau. Côté Équatorien, la facilité d’accès nous aura rapidement convaincu et nous replongeons pour quelques jours au cœur des communautés Shuar et Waoranis. Toujours beaucoup de fantasmes embrassent cette forêt Amazonienne. Dans l’inconscient populaire, c’est une jungle impénétrable remplie de bêtes dangereuses, aux habitants mystiques. Nous aurons découvert tout cela à la fois. A Puyo, nous explorerons un parc ethnobotanique où nous serons initiés aux plantes médicinales et culinaires de la jungle, et aux traditions guerrières (maniement des lances et sarbacanes) ; à Tena, nous apprendrons à fabriquer le chocolat -et surtout à le déguster!- au cœur d’une communauté isolée (cf. étude à venir) ; à Puerto Misuhalli, nous nous baignerons dans la rivière et jouerons avec les petits capucins chipeurs. Les villages reflètent une quiétude déconcertante, les habitants sont souriants, on se détend dans des hamacs, se rafraîchit dans les ruisseaux, se déplace en pirogue, explore des sentiers boueux pour découvrir des cascades, vraiment dure la vie ! Ici, les traditions sont légion, du marché aux costumes en passant par les danses ou les habitations, chacune se distingue avec élégance. Autour, ce n’est que profusion de végétation, bruits d’animaux étranges, arbres gigantesques, plantes inconnues, petites maisons en bois sur pilotis ; l’Amazonie c’est des paysages magnifiques qui nous font nous sentir dans un autre monde et on ADORÉ !

En Équateur, la vie s‛y déroule comme le long d‛un fleuve tranquille, les gens ne se bousculant guère, le temps est à l’appréciation de chaque détails que les yeux peuvent saisir. Les forêts et les cultures à flanc de montagne sont aussi séduisantes que les ciels sont surprenants. Les nuages blancs, gris ou noirs les décorent et embellissent les photos. Les timides volcans dévoilent rarement leurs éternelles neiges mais le font avec classe et les lagunes se déclinent en autant de couleurs qu’il y a de jours dans l’année.

Mais il y a aussi, tout à l’Ouest, une cote oubliée. Si le Pacifique et ses longues plages de sable blanc font rêver, en Équateur, le tremblement de terre qui a frappé ces territoires quelques mois avant notre passage à laissé des cicatrices encore béantes. Une bombe semble s’être abattue sur ces paisibles villages, les maisons éventrées et les rues abandonnées laissent un paysage désolé. Des tentes de fortune en guise de toit, des bidons d’eau, les survivants s’organisent. Quelques communautés continuent pourtant leur joyeuse vie d’avant, les dégâts semblent déjà loin. L’horizon semble clair, la mer semble calme, mais la reconstruction s’annonce longue pour tous.

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