Des pierres et des monstres

Bien que l’on en sache très peu sur les cultures de San Augustin, ce site archéologique réserve de précieuses découvertes, empreintes de mysticisme, au beau milieu de paysages époustouflants. Après une longue route à travers les montagnes par des pistes boueuses et cahoteuses, qui accessoirement constituent l’un des repères des FARC [mais ils ont tous déserté les lieux -enfin c’est ce que l’on croit- puisque le traité de paix avec le gouvernement a été signé], nous longeons le cours d’eau en fond de vallée. Une végétation très dense, de nombreuses cascades, des plantations de cafés et autres bananiers, nous sommes au cœur d’une région magnifiquement luxuriante. Le site archéologique est immense, de nombreuses sculptures et sépultures découvertes il y a moins d’un siècle sont répartis à différents endroits, parfois séparées par plusieurs dizaines de kilomètres. A pied, à cheval ou en jeep, différentes options de visite s’offrent à nous ; nous préférons marcher pour apprécier tous les secrets de ce site si mystérieux.

Il y a fort fort longtemps, dans la roche éjectée par les volcans, aujourd’hui éteints, des sculpteurs façonnèrent de monumentales statues pour rendre culte à des dieux ou veiller sur les morts. Vestiges les plus anciens du continent sud américain (selon les spécialistes), on en dénombre aujourd’hui plus de 500 dispersées dans les collines verdoyantes de la région. Un agréable sentier permet de se rendre aux mesitas, où sont regroupées quelques statues au sein d’un vaste parc de près de 80 hectares. Lieux funéraires, situés sur de petits tumulus, plusieurs tombeaux étaient signalés par de gigantesques statues de pierre arborant des formes anthropomorphes. Si certaines sont relativement réalistes, d’autres ont des airs de monstres masqués avec leurs yeux ronds et leurs canines acérées. Des images de jaguar, d’aigle, de grenouille ou de poissons. Plus loin, la fontaine cérémonielle de Lavapatas, creusée à même le lit du cours d’eau révèle un réseau complexe de rigoles et bassins terrassés où sont gravés serpents, lézards et représentations humaines. Plus haut, un point de vue domine la vallée, d’ici les statues sont encore plus belles, protégeant avec bienveillance le splendide panorama sur la campagne environnante. Certaines auraient même, paraît-il, gardé leurs couleurs originelles. Mais tout cela reste un mystère !

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