Comme ci comme ça…

C’est derrière le hublot que nous faisons nos adieux au grand continent sud-américain qui nous a émerveillé. Une page se tourne et une nouvelle aventure commence. Jean-Michel attend au port d’embarquer sur le ferry qui le conduira sur d’autres terres, pas d’inquiétude, nous le retrouverons dans quelques jours. De notre côté, ce sera l’avion qui nous déposera en Amérique centrale. Car aucune route ne relie ces deux continents, seul un immense territoire, infranchissable, de forêts denses et de marécages, opère la frontière. Une langue de terre, à peine visible sur un planisphère, qui relie l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud : la première étape sera le Panama. Une capitale qui possède le même nom que le pays, un fameux canal, un chapeau… et non, les célèbres Panamas sont fabriqués en Équateur [Entre deux hémisphères], des paradis fiscaux, des plages pour surfeurs, etc. Bienvenue dans un pays plein de contrastes.

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Panneaux publicitaires géants, circulation anarchique, chaleur assommante, bruit des klaxons et des marteaux piqueurs assourdissants, les premiers pas dans cette capitale bouillonnante ne seront pas de tout repos. Entre charme colonial et modernisme, ici les taxis déglingués font la course avec les 4 x 4 rutilants, les yachts côtoient les petits bateaux des pêcheurs, un musée flambant neuf s’installe à proximité de quartiers délabrés et papillons et pélicans dansent dans les airs entre les élégantes tours de verre et la baie. Une longue promenade longeant le front de mer permet d’apprécier le contraste saisissant entre deux mondes, d’un côté une architecture coloniale préservée, de l’autre de hautes silhouettes traduisant une nouvelle modernité -et richesse- depuis la construction du canal. Quelques rues séparent ces quartiers et pourtant presque tout les opposent ; en résulte une atmosphère mêlant vie populaire et tourisme chic, entre uniformisation et singularité. Mis en garde sur les chemins à éviter, car Panama City dévoile aussi des dessous peu glorieux : à l‛ombre de ces buildings de verre et d‛acier, demeurent une extrême pauvreté, résultat d’un clivage social profond ; nous parvenons au quartier ancien. Le Casco Antiguo, reconnu patrimoine mondial de l’humanité, cache derrière de hautes murailles, une architecture riche et éclectique qui mêle des demeures coloniales à des influences françaises, américaines, voire caribéennes, des édifices de style néoclassiques ou encore Art déco. De belles lignes et de jolies couleurs apportent à l’ensemble une touche de gaîté. Pour la plupart parfaitement restaurés, certains bâtiments restent néanmoins encore à l’état de décrépitude. Depuis les remparts, la vue est remarquable : des hautes silhouettes du quartier d’affaire au célèbre pont des Amériques qui enjambe l’unique canal qui relie l’Atlantique au Pacifique, en passant par les îles parsemées sur le canal, le regard embrasse une vue à 360° vers l’océan.

Ne désirant pas pour le moment vendre un rein, nous zaperrons la visite du canal de Panama -celui qui a séparé le continent américain en deux- et la traversée, impressionnante paraît-il, des gros porte-conteneurs qui attentent patiemment leur tour dans la baie. Nous nous contenterons de franchir le pont de Amériques, tout un symbole et nouveau lien entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, pour observer rapidement de là-haut l’immense fourmilière s’activant avant le passage d’un bateau.

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Mais l’isthme cache bien d’autres trésors que sa capitale métropolitaine, chaque province décline une palette de paysages et d’atmosphères très contrastées. Des archipels coralliens aux plages sauvages bordées de végétation luxuriantes, de la moiteur des forêts tropicales à la fraîcheur des cordillères, les itinéraires sont variés. Dans les montagnes ou au fond d’un ancien cratère de volcan, les chutes d’eau et les végétaux sont légion ; les journées passent entre ballade, calme et volupté. Vers l’océan, si les vagues sont plus propices au surf, les palmiers et le sable fin évoquent un décor paradisiaque pour profiter d’une quiétude retrouvée. Au Panama, l’on retrouve une mosaïque de visages et de cultures, dont nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de voir : les Kunas, communauté indienne la plus importante résidant majoritairement sur les îles San Blas, se distinguent par les femmes artistes qui portent des tenues très colorées ainsi que de nombreux bracelets de perles autour de leurs mollets ; les Emberas, qui habitent principalement dans la forêt innaccessible du Darien se drapent d’un simple paréo noué autour de la taille et se tatouent le reste du corps avec de l’encre noire.

Manque de temps, de par l’éloignement géographique de ces tribus -et peut être d’argent-, ces rencontres sont impossibles à établir sans dépenser plusieurs centaines d’euros dans des excursions organisées, nous resterons donc sur notre faim. Alors, si le pays réserve de bons moments et quelques bonnes surprises, il ne nous a toutefois pas impressioné. Mais il mériterait d’être exploré plus en profondeur, pour découvrir les îlots coraliens paradisiaques ou les épaisses forêts humides, à la rencontre de plus d’authenticité.

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