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EARTHSHIP I UN VAISSEAU ENTRE CIEL ET TERRE

Pneus, soleil et recyclage : bienvenue dans le monde étonnant des géonefs. Nous attendions cette visite avec impatience : dans un petit village perdu au beau milieu du Nouveau-Mexique, au pied des montagnes enneigées des Rocheuses, s’est développée une communauté auto-suffisante. Quelques maisons non conventionnelles que l’on appelle Earthship [vaisseau de terre en français] ponctuent le paysage sur plusieurs kilomètres. Si nous savions que des technologies écologiques y étaient développées, nous apprenons par la même occasion que les Earthships sont bien plus que cela. Composées de matériaux recyclés, ces maisons participent en même temps à la sensibilisation pour une élimination efficace des déchets produits par la société. Après avoir contacté l’association et suite à l’invitation de longue date de Kirsten, nous ne rechignons pas sur la centaine de kilomètres de détour pour visiter cet intriguant village hippie, qui s’agrandit d’année en année. La route qui y mène est facile : une grande ligne droite découpe les plaines infinies où, à part des troupeaux de bétail, il n’y a pas vraiment âme qui vive ! Soudain, à l’horizon, nous apercevons ce que nous sommes venus explorer : de grandes maisons sorties d’une autre planète sont éparpillées dans d’immenses champs, accessibles par de petits chemins de terre. De grandes surfaces vitrées exposées plein Sud, des murs en terre et matériaux recyclés, une structure en partie enterrée, il est facile de reconnaître l’architecture de ces Earthships. « Ils s’insèrent plus qu’ils ne s’implantent dans la nature » : une harmonie avec l’environnement qu’à développé l’architecte local hippi-utopiste Michael Reynolds.

 

L’INCARNATION D’UNE CONCEPTION DURABLE

Les conditions dégradées de l’état de la planète ont été une réelle source d’inspiration pour l’architecte états-unien Michael Reynolds. Il est nécessaire dès aujourd’hui de prendre la responsabilité de ce qui se passe au-delà de notre propre portée et ainsi commencer à considérer les méthodes d’accès à nos ressources et l’élimination de nos déchets produits. De plus, les maisons conventionnelles coûtent beaucoup trop cher et il est important de rendre le logement durable plus abordable. « Ils mangeront de la nourriture produite par les bâtiments dans lesquels ils vivent ; ils utiliseront l’eau du ciel ; ils utiliseront l’électricité du soleil et du vent ; ils prendront des douches et feront pousser les plantes à partir de leurs eaux usées », rêvait Michael. Pour répondre à ces besoins universels, l’architecte est parvenu à développer un type d’habitat autonome avec des solutions pleines de bon sens. Depuis les années 70′, Michael développe ainsi sa méthode révolutionnaire, dont le concept est appliqué dans la communauté de Taos, au Nouveau-Mexique. Fondée sur un terrain de 640 hectares, celle-ci voit régulièrement s’ériger de nouveaux Earthships, bâtis dans le cadre de chantiers participatifs. C’est en milieu de matinée, accompagnés d’un froid glacial que nous arrivons sur les lieux pour rencontrer Kirsten qui nous propose de nous joindre à la visite d’une des maisons conceptuelles. Après 45 ans de recherches, le concept allie désormais de nombreuses technologies afin d’obtenir une maison totalement autonome et résiliente. Car si les Earthships s’inspirent des principes de l’architecture bioclimatique, s’auto-alimentant en ressources naturelles, le concept de ces habitats va plus loin puisqu’il permet d’utiliser une ressource inépuisable trop peu utilisée, les déchets, pour s’harmoniser avec l’environnement. À l’instar de Suzanna au Guatemala qui construisait des maisons en bouteilles plastiques [Le plastique c’est fantastique !], Michael décide de son côté, de recycler d’autres types d’ordures pour en faire des matériaux de construction. Ainsi, les pneus -déchets peu valorisés- remplis de terre servent de murs ; les canettes d’aluminium, font de très bonnes briques ; et des fonds de bouteilles en verre apportent de la lumière et de la couleur dans les différentes pièces. Les Earthships reprennent aussi d’autres techniques utilisées depuis longtemps comme les murs en pisé, en adobe, ou en torchis dont la pratique est courante dans ces régions.

Un petit plan griffonné sur un coin de feuille nous explique les routes à suivre dans ce dédale de ruelles boueuses, et nous suivons alors la petite troupe vers la maison nommée Phoenix. Émergeant de la plaine, cet Earthship ressemble à un grand vaisseau dont la centaine de mètres carrés se déploie sur un niveau. Si l’apparence en premier lieu est un peu hors du commun, elle semble en revanche répondre à tous les codes d’une maison contemporaine. À l’intérieur, l’entrée donne le ton : une serre gigantesque est implantée dans la verrière, entre le jardin et la partie habitable, la température contraste indéniablement avec le froid extérieur. Derrière cette double rangée de grandes baies vitrées, des pièces construites en enfilade : une cuisine jouxte une salle à manger et un grand séjour, deux chambres disposent de leur propre salle de bain, et un bureau prend place au milieu des plantes. Les murs sont en adobe et enduits à la chaux, parfois sertis de bouteilles de verre colorées, le sol est en terre cuite, et formes et couleurs s’entremêlent au milieu de l’omniprésente végétation. Mais c’est au fond de la maison que toute l’intelligence technique prend son sens : un grand cellier révèle les murs en pneus enterrés qui confère une incroyable inertie thermique au Earthship, les systèmes de ventilation par puits canadien, ainsi que le matériel de stockage de l’énergie ou du filtrage de l’eau. En effet, la vie de tous les jours au sein de ces Earthships se veut en adéquation avec la nature : les eaux de pluie sont récupérées, l’énergie est produite à l’aide de panneaux solaires ou d’éoliennes, et les eaux usées sont recyclées pour faire pousser des plantes comestibles. Tout en gardant, un cadre de vie agréable et confortable pour ses habitants, ces maisons visent ainsi à l’autonomie complète de leurs occupants afin de proposer une construction durable à la fois dans le temps et pour l’environnement.

 

AUTOSUFFISANCE TOTALE, EST-CE POSSIBLE ?

Lorsqu’on s’imagine un habitat durable et déconnecté des réseaux, on pense à des maisons primitives, séparées du confort du XXIème siècle. Si cela se révèle souvent le cas puisque les solutions durables présentées jusqu’à aujourd’hui correspondent à ce cliché, les Earthships tiennent à bouleverser les codes et proposent maintenant tout le confort moderne, et bien plus encore. Ces vaisseaux de terre sont des constructions modulaires et évolutives que l’on peut facilement aménager et modifier, tout en préservant le caractère autonome de la maison qui se définit alors par trois grands principes. La maison de John et sa femme, construite il y a près de huit ans, en est le parfait exemple.

> La réutilisation des déchets

Pour construire des logements qui dureront sans produits chimiques, il est aujourd’hui primordial de bien choisir les matériaux qui ont la durabilité comme qualité inhérente. Pendant des années, les constructions vernaculaires se faisaient avec ce qui se trouvait localement [pierre, terre, bambou, etc], mais aujourd’hui les Earthships apportent en plus des solutions pour l’élimination par le recyclage de certains matériaux tels que les pneus, les bouteilles ou les cannettes, qui représentent une source peu coûteuse et abondante pour construire les maisons du futur. Cette méthode de recyclage remplace les nouveaux matériaux utilisés de nos jours, qui nécessitent de l’énergie fossile pour leur production, et qui plus est, elle évite l’élimination, elle-même polluante, des matériaux destinés au rebut. Ce sont les trois milliards de pneus jetés chaque année sur Terre qui deviennent alors la ressource principale de la méthode développée par Michael Reynolds. Ces derniers sont alors remplis de terre compactée et empilés comme des briques pour former une super-structure de terre et de caoutchouc, proposant ainsi des murs quasi-indestructibles face aux tremblements de terre. Les murs intérieurs et non structuraux ne sont pas en reste : composés de bouteilles en verre ou de canettes d’aluminium enclavées dans un mélange d’adobe, ils apportent en même temps qu’une décoration atypique, une solidité sans faille. Les surfaces peuvent aussi ensuite être enduites mais les matériaux utilisés [terre, adobe, chaux] ne doivent pas nécessiter d’énergie pour leur mise en pratique. Une différence notoire en phase de chantier par exemple puisqu’il n’est alors plus nécessaire de recourir à des moyens mécaniques, d’employer de lourds engins ou de trouver une main d’œuvre importante.

 

> L’autonomie en eau, électricité et alimentation

Le Earthship présente un impact positif sur l’environnement. En effet, par une habile gestion des énergies solaire, éolienne et géothermique ainsi qu’une utilisation optimale des eaux de pluie, il ne dépend d’aucun raccordement aux réseaux publics. Comme le prouve la communauté installée à Taos, sous le climat sec du Nouveau-Mexique, même les conditions climatiques les plus arides [en été] fournissent assez d’eau pour un usage quotidien. S’il faut évidemment être prudent face aux quantités d’eau utilisées, être conscient de l’endroit où partent les eaux usées est primordial afin de les rendre « utiles ». Aussi, les Earthships présentent un système de récolte d’eau de pluie installé sur le toit de la maison. « Je récupère l’eau gratuite pour mon usage quotidien dont chaque cycle sert à quatre usages », explique John a l’assistance. Filtrée, cette eau est une première fois utilisée pour la cuisine ou la douche. L’eau grise, est ensuite utilisée une seconde fois pour irriguer les plantations intérieures de la serre, qui participent alors à un nouveau traitement de l’eau. Pour finir, celle-ci est pompée pour être utilisée une troisième fois dans les toilettes avant de passer par des bassins de phytoépuration puis rejetée vers le jardin afin d’arroser les plantes non comestibles pour sa dernière utilisation. « C’est un système qui nécessite ainsi beaucoup moins d’eau que ce qui est traditionnellement mis en place dans les maisons et même si je ne suis pas reliée au réseau de la ville, je ne me retrouve jamais en manque d’eau », nous confiera John, fier de son mode de vie alternatif. L’énergie solaire offre aussi de l’électricité verte 100% renouvelable : des panneaux solaires – couplés parfois avec des éoliennes – placés sur le toit captent l’énergie nécessaire aux appareils électriques de la maison afin de faire fonctionner la lumière, le réfrigérateur, la machine à laver ou même la télévision. De plus, le système Earthship créé un environnement dans lequel les plantes sont non seulement esthétiques, mais sont également très fonctionnelles, jouant un rôle direct dans la maintenance de la maison ainsi que l’alimentation de ses habitants. Dans les serres que composent la façade Sud, sont cultivées des plantes comestibles toute l’année, quel que soit le climat. Elles sont alimentées par les eaux usées des éviers ou de la douche. En utilisant des produits ménagers biodégradables, le shampooing, le savon ou même le détergent déposés dans le drain n’altèrent pas la qualité des aliments. « Je peux me nourrir avec les plantes qui poussent dans ma maison » affirme John, ajoutant même qu’il a aussi construit « un bassin pour des poissons et un poulailler pour la viande et les oeufs ».

 

> L’utilisation d’une technologie durable

Véritables écosystèmes à eux seuls, les Earthships recyclent les éléments de la nature : l’eau, le soleil, la terre et le vent, qui jouent ainsi tous leur rôle pour rendre ces bâtiments autosuffisants. Plusieurs idées ont alors été mises en place pour réduire au maximum la consommation énergétique de la maison. Ainsi, ce type d’habitat est toujours tourné vers le soleil, ce qui permet d’optimiser l’énergie photovoltaïque tout en profitant au maximum d’un éclairage naturel. Semi-enterrés, ces vaisseaux de terre retiennent la chaleur grâce aux larges baies vitrées inclinées de manière à recevoir le plus longtemps possible les rayons du soleil en hiver [60 à 70° par rapport au sol]. Cette façade Sud laisse entrer la chaleur, qui se répand d’abord dans la serre, puis dans toute la maison ; tandis que la façade Nord composée de pneus est entièrement enterrée pour garder la chaleur emmagasinée grâce à l’inertie thermique du sol. Les pneus remplis de terre agissent ainsi comme un dissipateur : ils libèrent ou absorbent la chaleur lorsque l’intérieur se refroidit ou se réchauffe. De plus, des puits canadiens sont installés au fond de la maison [côté Nord] afin de pré-chauffer l’air en hiver et de le refroidir naturellement en été. Qu’il fasse très chaud à l’extérieur ou très froid comme aujourd’hui, John nous assure qu’aucun point de chauffage supplémentaire n’est nécessaire, pas plus qu’une climatisation. En effet, une température de 21°C est maintenue dans toute la maison malgré la neige qui commence à tomber. « J’ai ainsi appris que ma maison pouvait respirer, elle se régule afin de conserver une température confortable tout au long de l’année, se réchauffant ou se refroidissant sans avoir recours à l’énergie fossile ».

 

UN ACCÈS À L’ÉCOLOGIE QUI SE DÉMOCRATISE

Si Michael Reynolds s’est mis en tête son projet de Earthships, c’est qu’il estime que « la subsistance des personnes [eau, énergie, traitement des eaux usées et nourriture] ne devrait pas faire l’objet d’une économie ». Ces nécessités sont toutes disponibles avec la réponse apportée par les Earthships, mais l’architecte va aujourd’hui plus loin, présentant ces derniers comme « la construction la plus polyvalente et la plus économique au monde, pouvant s’adapter dans n’importe quelle partie du monde ». L’association Earthship Biotecture Academy, a alors développé plusieurs modèles de géonefs, proposant à la vente des plans afin que quiconque puisse avoir la possibilité de se construire un environnement sain. Répondants aux exigences du code de construction standard, ces plans permettraient ainsi d’obtenir un permis de construire partout dans le monde pour réaliser une maison à partir de matériaux naturels et recyclés à l’empreinte carbone nulle. À Taos, John et sa femme, n’avaient jamais construit quoique ce soit, mais ils ont pourtant été capable de bâtir leur maison Earthship rapidement : « certes, nous avons eu la chance d’être accompagnés par quelques bénévoles pour la première partie du chantier, ce qui a permis d’accélérer les étapes, et nous avons pu habiter notre maison au bout de sept mois. Pour certains qui se débrouillent seuls c’est plus long, mais économiquement nous sommes tous gagnants ». En effet, si cette maison durable ne coûte presque rien pour fonctionner annuellement, la construction d’un modèle basique n’excèderait pas 30.000€ à condition de le réaliser soi-même et de récupérer de nombreux matériaux de rebut. Avec ces coûts de construction parfaitement abordables, les Earthships conviendraient alors à toutes les bourses, du moins privilégié au plus fortuné. L’objectif de l’architecte est ainsi de rendre ces matériaux et ces techniques d’utilisation accessibles à tout le monde, à la fois en termes de prix mais aussi de compétences pour les utiliser. En effet, en plus de la vente de modèles types, l’association Earthship Biotecture Academy propose une formation approfondie d’un mois sur les principes de conception et la philosophie des géonefs sous forme de cours théoriques et pratiques. Lors de ces sessions, un prototype sort de terre, participant ainsi à la démarche collective de construction que développe la communauté. Aujourd’hui, tout comme les sacs de terre de Nader Khalili [Le SuperAdobe pour tous], les Earthships séduisent les pays en développement pour reconstruire ensemble rapidement au cœur de zones sinistrées tout en sensibilisant la population à l’habitat durable. C’est aidée par les Haïtiens que l’équipe de Michael Reynolds a construit plusieurs Earthships pour reloger des familles après le tremblement de terre de 2010. Les matériaux de construction furent faciles à dénicher et l’engouement solidaire immédiat. En effet, l’avantage incontestable des Earthships est qu’ils encouragent les gens à penser différemment à propos de leur manière de vivre, en développant un esprit communautaire solidaire.

 

LA NAISSANCE D’UNE HABITATION CONTROVERSÉE

Adulées par certains, critiquées par d’autres, ces habitations ne laissent personne indifférent. Comme certains le rappellent, si les géonefs ont l’avantage d’être autosuffisantes en eau et en énergie, leur empreinte écologique a bien sûr ses limites. Michael Reynolds aurai ainsi tendance a exagérer et idéaliser de façon utopique la méthode développée par les Earthships. Et si finalement ces vaisseaux de terre n’étaient pas si verts qu’ils n’y paraissent ? En effet, ces derniers ne s’adaptent pas a tous les climats et dans les pays nordiques par exemple, les performances énergétiques se révèlent très faibles, que ce soit pour l’auto-production de nourriture ou dans la capacité des systèmes hors réseaux. De plus dans ces pays de grand froid, des chauffages d’appoints sont indispensables pour maintenir une température confortable au sein de la maison. Si le principe des Earthships tend a éliminer la pollution par le réemploi de matériaux destinés au rebut, construire sous terre génère tout de même une forte empreinte écologique par l’utilisation de membranes et autres drains produits à base de pétrole. Les batteries de stockage électrique utilisées, à remplacer tous les huit ans, contiennent aussi des métaux polluants dont la production nuit à l’environnement. Certes les méthodes développées pour le recyclage de l’eau sont ingénieuses, mais elles peuvent se révéler extrêmement coûteuses. Si les coûts de construction sont modestes, inférieurs à 500€ du mètre carré, les équipements nécessitent quant à eux des aménagements spéciaux pouvant revenir très cher : 10.000 à 15.000€ pour une installation photovoltaïque et 1.000€ minimum pour un système de récupération de l’eau de pluie. Présentant une importante surface vitrée, nous posons la question du prix pour la façade Sud, mais Kirsten expliquera que l’association essaye au maximum de récupérer des vitrages afin de réduire les coûts pour ses constructions de Taos. Mais si leur achat se révèle finalement indispensable, le prix d’un Earthship peut alors dépasser celui d’une maison conventionnelle, « mais c’est vite très rentable, car ensuite le coût de fonctionnement est ridicule », nous affirme Kirsten en fin de visite. Pour finir, même si la volonté d’autosuffisance alimentaire est une démarche très louable, celle-ci devient un travail à temps plein, et difficilement envisageable par tous.

Bien que les Earthships représentent une volonté d’innover en faveur de l’environnement pour faire avancer l’habitat écologique, de nombreux points restent néanmoins à questionner pour l’application plus globale de la méthode. L’une des plus grandes difficultés rencontrée lors de la construction d’une géonef consiste aujourd’hui en l’obtention du permis de construire. Car même un vaisseau de terre ne peut y échapper et il est, malgré les affirmations de l’architecte états-unien, difficile en France de faire reconnaître cette construction auprès des services instructeurs et de se conformer aux lois constructives en vigueur. « Il vaut mieux chercher la commune qui acceptera un Earthship avant de commencer tout projet car le style architectural ne plaît pas toujours », nous avoue en aparté Kirsten. De plus, aux États-Unis, vivre en Earthship, c’est vivre en dehors des villes et donc utiliser son véhicule pour le moindre déplacement [engendrant des émissions de CO2]. Une proposition allant à l’encontre du développement urbain français qui encourage l’économie énergétique par le logement collectif et la densité, et non l’étalement urbain ou l’habitat isolé. L’autoconstruction freine aussi beaucoup de personnes qui pourraient être attirées par le concept, car tout le monde n’est pas prêt a se lancer seul dans la construction de sa maison. Mais comme bien souvent, ce sont des chantiers participatifs qui permettent la réalisation des géonefs, cette efficacité éprouvée d’un travail en petit groupe a ouvert de nouvelles opportunités au développement de ces maisons écologiques. En effet, l‘association Earthship Biotecture Academy vise aujourd’hui à proposer un concept de vie complètement différent, où les aspects de la subsistance se partagent et où les habitants interagissent et se rapprochent afin de se soutenir mutuellement.

Peut-être faut-il simplement accepter que le Earthship n’est pas encore un modèle parfait. Mais malgré tout, le bilan écologique global est très positif. Alors pourquoi ne pas tenter de s’inspirer de ces maisons autosuffisantes et continuer ensemble à travailler dans cette voie pour tendre vers un habitat moins marginal et plus sain ?

 

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