#05 I CH 16.03

DES MAPUCHES PURES SOUCHES

Le Chili est un pays avec des airs de bout du monde, une bande étroite entre l’océan Pacifique et les sommets de la cordillère des Andes. Un territoire possédant une diversité de paysages et de cultures, qui s’étend du désert d’Atacama à la Terre de Feu, sur plus de 4 300 km. La région de l’Araucania se situe exactement au milieu du pays, à quelques centaines de kilomètres au Sud de la capitale Santiago. Célèbre pour la beauté de ces paysages volcaniques, cette région tient aussi une place importante dans l’histoire du pays. En effet, la résistance du peuple Mapuche (prononcé Mapouches) face aux conquistadors espagnols, fut la plus longue et la plus difficile du continent américain ; le territoire restant pendant plus de deux siècles, inaccessible aux colons. Aujourd’hui encore, la présence de ce peuple indigène – la plus grande communauté recensée et la plus représentative du Chili – sur leurs terres ancestrales, fait de l’Araucania une destination identitaire, où il est possible de vivre une expérience inoubliable au contact des traditions. S’aventurer à la rencontre des Mapuches nécessitait au préalable de comprendre l’origine de ce peuple si particulier à l’habitat atypique.

 

GENS DE LA TERRE I SANS TERRE

En Mapuzugün, langage originel de ces indiens, le terme MAPU(gens) – CHE(terre) signifie ‘gens de la terre’. Réputés pour leur vaillance, les indiens Mapuches représentent le seul peuple à avoir résisté aux diverses invasions, jusqu’en 1881. Au terme d’une lutte meurtrière, l’État s’approprie les terres indigènes et le vaste territoire Mapuche se voit ainsi réduit de moitié. Si lors des années 1960, le gouvernement en place s’engage pour une restitution des terres aux indigènes ; après le coup d’État de Pinochet, toutes ces décisions sont annulées et de nombreux indiens Mapuches sont arrêtés, torturés et tués. Après plusieurs années de lutte, cette communauté indigène est la seule dont la souveraineté ait été reconnue. Bien qu’il soit recensé à l’heure actuelle environ 360 communautés, qui s’auto-gèrent entièrement, avec plus d’un million de représentants sur le territoire chilien, tous les Mapuches possèdent une vision commune du monde, leur propre langage, et un attachement profond à leurs terres, leur environnement et les savoirs ancestraux qu’ils se transmettent suivant les générations. Aujourd’hui, une loi tente de rétablir les droits à ces communautés, mais des tensions subsistent toujours car leurs territoires sont régulièrement grignotés par des firmes minières, pétrolières ou pour de grands projets d’infrastructures. Longtemps déconsidérés par le gouvernement, à l’instar des aborigènes en Australie, les médias chiliens ne revoient pas toujours une bonne image des Mapuches, les présentant comme des rebelles prêts à tout (force, violence et agressions) pour conserver leurs terres. Aussi, les Mapuches poursuivent encore et toujours leur lutte avec autant de détermination -revendiquant toujours leurs terres, et plus largement, la préservation d’écosystèmes entiers mis à mal- face à des autorités peu indulgentes envers ces populations originelles.

Loin de tous ces préjugés, nous sommes fascinés par leur détermination, leur culture, leur proximité avec la nature, leur gastronomie, et surtout par leur habitat traditionnel. Alors plusieurs questions se sont posées : Serions-nous acceptés au sein des communautés ? Nous ouvriront-t-ils facilement leurs portes ? Pourrions-nous partager des instants ? Fis de tout cela, c’est décidé, nous partons en terre Mapuche. Aussi, le territoire de l’Araucania est vaste, et plusieurs identités composent le peuple Mapuche. Selon la position géographique, les coutumes, les savoirs et les habitations varient. Ainsi, afin de rencontrer plusieurs communautés et découvrir différents savoir-faire, nous partons, dans un premier temps, sur les routes montagneuses proches de la cordillère des Andes pour découvrir l’identité PEWENCHE, avant de traverser tout le territoire vers l’Ouest, à la rencontre de l’identité LAFKENCHE, située sur la frange Pacifique.

 

LA RUKA PEWENCHE I LA CABANE EN BOIS

La chaleur bat son plein au beau milieu de l’été austral. La végétation qui borde la route est luxuriante, ici la terre doit être fertile ! Dans le petit village tranquille de Curarrehue, épicentre de la culture Mapuche, nous cherchons la communauté indienne qui nous intéresse. Après des allers-retours en vain, nous nous résignons à consulter le kiosque d’informations touristiques. Nous comprenons que nous sommes passés plusieurs fois devant le lieu-dit sans le voir, et pour cause : la communauté se situe de l’autre côté de la rivière, dont l’accès, par un pont, ne se fait qu’à pied. Nous garons la voiture sur le petit parking et traversons le cours d’eau par le pont suspendu qui nous conduit jusqu’à la communauté Fransisco Cumiquir. Une vingtaine de petites maisons constituent ce hameau paisible, encerclées par de grands jardins et de nombreux hectares de champs qui laissent à penser que l’agriculture est la ressource principale de cette communauté. L’environnement alentour est magnifique, l’horizon est flanqué des hautes montagnes enneigées de la cordillère des Andes. Après quelques minutes de marche, nous arrivons vers un grand terrain où se promènent en liberté, poules, vaches et cochons autour de plusieurs entités d’habitations. Au centre, trône ce que nous sommes venus étudier : une authentique ruka, habitat traditionnel Mapuche.

Nous voyant hésitants à entrer, un homme aux traits d’indien, Alejandro, s’approche de nous avec un large sourire et nous invite spontanément à visiter sa belle ruka de bois. D’emblée nous constatons que l’image négative renvoyée par les médias est en profonde incohérence avec la spontanéité et la générosité qui caractérisent les Mapuches. La ruka est intégralement réalisée avec le bois local (l’araucaria) qui est devenu gris avec le temps. Bien que les rukas primitives étaient de forme circulaire, celle-ci est composée sur une base rectangulaire, sans fenêtres -comme celles d’origine- et possède un toit incliné, également en bois. En effet, si d’autres communautés peuvent construire leurs rukas avec de la paille, la tradition veut que dans cette région, le bois soit utilisé à la fois pour constituer les murs et le toit, celui-ci représentant un matériau plus résistant pour supporter le poids de la neige, abondante en hiver. La structure principale, qui est visible depuis l’extérieur, est une armature de bois rigide sur laquelle sont fixées verticalement les planches d’araucarias de plus de 2 mètres de haut. De la même façon, deux cadres rectangulaires de bois viennent accueillir les tronçons pour la toiture en double pente. Leur ingénieux système d’assemblage permet de créer des chéneaux afin d’éviter l’infiltration de l’eau et favorise son écoulement. Ces matériaux naturels sont laissés bruts, évoluant au gré des conditions climatiques.

Suivant Alejandro, nous entrons au sein de la « Ruka Trankurra » par la jolie porte en bambou, orientée vers l’est, qui représente le seul apport de lumière naturelle. Au sol, pas de revêtement, la ruka est construite directement sur la terre compacte du terrain. A l’intérieur, tout tourne autour du « Kutralhu », le lieu où est fait le feu. De grosses pierres délimitent la circonférence du foyer et les cendres fraîches laissent à penser que le feu était actif il n’y a pas si longtemps… Alejandro nous invite à nous asseoir sur les bancs disposés autour de cet énorme foyer afin de discuter un peu et nous offre le maté (boisson locale, comme du thé mais très amer). D’une hauteur d’environ deux mètres sous rampants, et sans ouvertures autre que la porte, il fait sombre mais l’ambiance y est chaleureuse avec les peaux de bêtes disposées un peu partout. L’heure est aux confidences dans cet espace dédié aujourd’hui, essentiellement à la discussion et aux échanges. Alejandro, chef de la communauté Fransisco Cumiquir depuis plusieurs années, fait partie de la troisième génération à vivre sur ces terres. Il est convaincu que ses cinq enfants et petits-enfants (il ne les compte plus), lui succéderont. Sa vie simple et paisible, à l’air libre et proche de la nature, il la revendique, ne voulant l’échanger pour rien au monde ! Il a appris du passé, de l’époque où « mon grand-père, partit chercher une vie meilleure en Argentine pour fuir un climat hostile, est vite revenu au pays car ses terres lui manquaient ». Alejandro nous expliquera dans sa langue Mapuche -qui nécessitera tout de même une traduction en espagnol- sa fierté à diriger cette communauté et son engagement à perpétuer les traditions de ses ancêtres. Aujourd’hui, sa communauté vit essentiellement de l’exploitation des terres agricoles et, de plus en plus, des démarches lancées autour du tourisme (ateliers artisanaux thématiques, découverte gastronomique et architecturale). Cette ruka est donc récente, édifiée il y a environ 8 ans, elle ne sert non plus de maison d’habitation -Alejandro ayant décidé de se faire construire une maison plus confortable à quelques mètres- mais de lieu de réunion pour les séances de discussion mensuelles de la communauté, où le drapeau Mapuche flotte fièrement au-dessus de l’assemblée. Symbole de la lutte de tout un peuple, il est composé de 3 couleurs, le bleu pour le ciel, le vert pour la terre et le rouge pour la dénonciation de la violence ; au centre le ñimin représente l’instrument spirituel des Mapuches. Mais la ruka est, depuis quelques années, perçue également comme un intérêt touristique pour présenter les modes de vie Mapuches, Alejandro tient à nous préciser qu’il y accueille régulièrement des groupes venus passer quelques instants de convivialité autour d’un bon repas traditionnel, sur un air de Trutruka, instrument qu’il maîtrise à la perfection. Une parenthèse poétique, comme celle que nous vivons avec cette rencontre.

drapeau_mapuche

Si la culture Mapuche est connue pour ses maisons traditionnelles, sa gastronomie n’est pas en reste. A travers cette cuisine locale, il est possible de comprendre les aspects fondamentaux des traditions indigènes, comme la relation de ce peuple avec la Terre. Nous ne pouvions quitter ce territoire Pewenche sans goûter aux plats typiques, concoctés avec générosité par des femmes à la peau tannée par le soleil. Nous nous délecterons ainsi de piñones sautés, fruits de l’arbre emblématique de la région : l’araucaria, d’une omelette de quinoa ou encore d’un ragoût de bœuf aux légumes oubliés. Un régal pour les yeux et les papilles.

 

LA RUKA LAFKENCHE I LA HUTTE DE PAILLE

Cap à l’Ouest, vers le territoire Lafkenche qui borde l’océan Pacifique. Les routes sont belles au cœur de ces paysages vallonnés préservés de l’intervention humaine. Le caractère verdoyant des plaines, un lac d’eau salé qui surgit de nulle part et des îlots inhabités, donnent à cet endroit un air de bout du monde. Une fois n’est pas coutume, nous peinons à trouver la localité de Llaguepulli : les communautés Mapuches sont bien cachées, isolées des grands circuits touristiques. Après 45 minutes de recherches, nous empruntons l’étroite et mauvaise piste qui nous mènera jusqu’à la communauté Ad Lewfu. Une quarantaine de familles (environ 100 personnes) cohabitent en toute harmonie au sein de cette grande communauté indigène qui comporte même une école. Les différentes parcelles d’habitations sont disséminées sur plusieurs hectares de terrains surplombant le lac Budi et ses horizons montagneux. Nous parcourons de petits sentiers menant à différentes habitations. Ici les rukas respectent la forme des rukas primitives : circulaires, elles sont réalisées en paille, parfois même en mélangeant deux matériaux (le bois pour les murs et la paille pour le toit). Sur le terrain situé tout au bout de la route, nous décelons un peu d’agitation qui nous intrigue. Sur un immense terrain en pente, avec vue plongeante sur le lac, quatre petites chaumières coniques trônent fièrement.

 

Norma, fille de la propriétaire, nous ouvre les portes de ces rukas typiques que nous avions repérées de loin. Très singulières, au premier abord, ces petites habitations ressemblent à de simples huttes de paille. Mais en s’approchant de plus près, nous comprenons le travail beaucoup plus complexe de leur construction. Ce type de ruka ne dissocie pas les murs du toit. Une structure principale, invisible depuis l’extérieur, composée de gros piliers en bois de Pellin -très résistant- constituent la forme périphérique et supportent les éléments secondaires. Des branchages en bois de Colihue, plus fins, forment un treillis rigide de plusieurs segments entremêlés qui retiennent la paille, appelés Huileill. Le revêtement extérieur est réalisé avec de larges tronçons de paille empilés les uns sur les autres.

Avant que nous entrions à l’intérieur d’une d’entre elles, Rosa, la maman et propriétaire de ces habitats traditionnels arrive. Appelée par ses filles, suite à nos nombreuses questions, elle vient nous expliquer ses traditions. Habillée très gracieusement comme toutes les femmes Mapuches qui revendiquent leur appartenance, nous sommes émerveillés par le nombre d’apparats qu’elle revêt. De somptueux bijoux tribaux en argent ornent sa tenue : un grand plastron est posé sur son chemisier de soie, une ceinture tissée vient souligner sa taille et sa longue coiffe en tissu, telle une couronne, est parée de petits médaillons en argent et d’une fleur au niveau du front. Ravie de pouvoir partager une discussion avec nous, elle s’empresse de nous faire connaître dans les moindres détails sa culture et ces habitats typiques. Comme toutes rukas traditionnelles, celles-ci ne possèdent qu’une porte permettant l’arrivée de la lumière naturelle. A l’intérieur de l’une d’elles, tout le magnifique travail structurel est apparent et nous comprenons l’effort réalisé par des dizaines de personnes. En effet, Rosa nous précise : « la construction de ces rukas s’est effectuée de façon communautaire, avec l’aide de nos voisins. C’est une phase très importante dans la culture Mapuche, que l’on appelle ‘Rucan‘. Ici c’est la tradition, nous nous entraidons tous et toutes pour la plupart des tâches quotidiennes. » C’est cela le vrai esprit communautaire.

Ainsi, la communauté a construit, pour la famille de Rosa, trois grandes rukas similaires, une par jour, et une plus petite servant d’atelier de tissage à la seconde fille Nadia. Rosa nous explique qu’aujourd’hui ces maisons sont dédiées uniquement au tourisme : elles accueillent les visiteurs pour quelques nuits d’immersion en terre Mapuche. « Trois générations se sont succédées sur mes terres. Bien que nous ayons vécu longtemps dans ce type d’habitat, j’ai préféré, dès que je l’ai pu, offrir à mes enfants une vie plus confortable en construisant une maison plus ‘résistante’ avec des briques. Nous avons maintenant facilement accès à l’électricité, l’eau courante et le chauffage. Ma plus jeune fille, Norma, a d’ailleurs vécu dans l’ancienne ruka jusqu’à ses 11 ans ». Comme chez Alejandro, et dans toutes les rukas, l’organisation intérieure est tournée autour du foyer central, ici encore actif, laissant échapper de gros volutes de fumée. Bien que la ruka ne possède pas de fenêtres pour renouveler l’air, la fumée peut sortir par l’ouverture en toiture créée à cet effet, que l’on appelle ‘Ullolunruca‘. Les matériaux utilisés possèdent aussi des propriétés antiseptiques qui permettent une désinfection constante de l’air. A l’entrée, bénéficiant du maximum de lumière, est disposé un coin pour déjeuner ; au fond sont positionnés 6 lits et une armoire, de manière assez rudimentaire. Une sorte de reconstitution de l’ancienne époque pour ne pas oublier les traditions. Si les dimensions des rukas varient en fonction du nombre de personnes au sein de la famille, les plus grandes pouvant atteindre 15 mètres de long pour 10 mètres de large et jusqu’à 6 mètres de haut, celle que nous visitons est deux fois plus petite (7 mètres de long pour 5 mètres de large). D’une hauteur d’environ 4 mètres, elle comporte tout de même un second niveau : le ‘Pideil‘ qui servait autrefois à stocker les réserves de provisions, le bois pour le feu, ou le mais récolté.

Sur le chemin du retour, Rosa nous confiera avec émotion les difficultés pour le peuple Mapuche de se faire entendre auprès du gouvernement. Une vie qui n’a pas toujours été facile, avec ses six enfants à nourrir et si peu de terres à exploiter, elle a vécu pauvrement, de l’élevage et de l’agriculture. Aujourd’hui, c’est une femme révoltée qui veut faire de son cas -loin d’être isolé- un témoignage politique. Elle parle avec force et conviction et se battra toute sa vie pour défendre les droits de son peuple. Très investie dans la vie de la communauté et la communication de sa culture au grand public, elle est fière de présenter ses traditions à des étrangers venant spontanément la rencontrer et pose chichement sur les photos. En période estivale, le tourisme la fait mieux vivre, aidée par deux de ses filles, elle propose, au-delà des séjours en immersion, de l’artisanat (tissages, lainages), une cuisine traditionnelle, ou encore des ateliers pour s’initier à la pratique de la médecine naturelle par les plantes locales. Les adieux seront difficiles, elle conclura en Mapuzugün « Kom Amuy Aukiñ Meliwitran Mapu », qui signifie, que ma voix porte aux 4 coins du monde !

 

UN MODE DE VIE CONTEMPORAIN I LA MAISON DE BRIQUE

Comme dans le conte des trois petits cochons, la maison de brique a aujourd’hui détrôné la hutte de paille et la cabane de bois. Les rukas, peu adaptées au mode de vie contemporain, sont devenues des reconstitutions dédiées à l’accueil des touristes. Bien que la culture Mapuche perdure, les peuples défendant avec conviction leur culture, ces derniers préfèrent toutefois se tourner vers des habitats plus pérennes et confortables, délaissant petit à petit les rukas traditionnelles. Ayant abrité pendant plusieurs générations des familles entières, ces habitations traditionnelles en paille fonctionnent très bien thermiquement car le foyer central suffit à chauffer l’ensemble de l’unique pièce. Mais celles-ci ont une durée de vie limitée. En effet, les nombreuses rukas que nous ayons vus n’ont pas plus de 8 ans et la plupart d’entre elles sont déjà dans de piteux états, résistant difficilement aux intempéries. Bien que les Mapuches préfèrent se tourner vers la facilité et le confort de la vie moderne, leur habitat n’en reste pas moins vernaculaire, utilisant des matériaux locaux, naturels, et n’ayant aucune empreinte écologique sur le terrain existant, facilitant ainsi la déconstruction de l’édifice.

Alors des enseignements sont-ils bons à tirer si ces habitats présentés ne sont pas durables… ? Si ce n’est pas dans la forme ou la réalisation, il faut toutefois souligner la pertinence des matériaux utilisés, mais surtout l’esprit communautaire qui caractérise ce peuple. Des améliorations aux techniques constructives, des recherches et des échanges de savoir-faire plus contemporains pourraient sûrement réhabiliter ces habitats traditionnels au sein des communautés Mapuches.

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